Er-Lannic et Gavrinis
30 août 2009
Er-Lannic
Er-Lannic veut dire "petite lande" en breton, c'est une île située à l'entrée du golfe du Morbihan. Elle fait face à l'île de Gavrinis au nord-est et le sud-est est tourné vers Arzon sur la presqu'île de Rhuys.
Cette île acceuille un monument mégalithique curieux, une double enceinte de grandes pierres ou double Cromlec'h, qui vient se prolonger au 3/4 en dessous du niveau marin. Ceci met en évidence la montée des eaux post-glaciaire, en effet à l'époque de la construction du monument, vers environ 3500 ans avant J.C Er-Lannic n'était pas une île et le golfe du Morbihan n'était que basses terres traversées par des chenaux (rivière de Vannes et d'Auray)

Er-Lannic est formée de 2 enceintes mégalithiques largement ouvertes, en forme de fer à cheval.
La première enceinte bien visible sur le flanc sud de l'île a 53 mètres d'ouverture et 55 mètres de profondeur, elle est composée de 60 menhirs. La seconde enceinte, submergée, est une vaste demi-ellipse de 61 mètres d'ouverture et 41 mètres de creux ; elle comporte 34 blocs visibles, tous couchés au fond de l'eau. A la jonction des 2 enceintes, une douzaine de blocs renversés forme une concentration assez confuse. Ces deux cromlec'h ont vraissemblablement une différence chronologique dans leur construction.

Une multitude de coffres, de foyers, de poteries, de vases à socle, de haches de silex ont été trouvés dans ces enceintes faisant penser à des lieux d'inhumation mais aussi peut-être à des ateliers ou à des lieux culturels.

Gavrinis
L'île de Gavrinis se situe, elle aussi, à l'entrée du golfe du Morbihan. Sur cette île, à l'extrémité sud, a été érigé un Cairn, c'est un dolmen recouvert d'une masse de pierres. C'est un exemple caractéristique de l'architecture néolithique réalisée en maçonnerie sèche ; des murs de parement structurent la masse de pierres, disposées en écaille, de part et d'autre du dolmen intérieur, dessinant une construction à larges gradins réguliers.
Ce grand Cairn est remarquable par ses dimensions : plus de 50 mètres de diamètre et 6 mètres de haut, et par le soin apporté à ses réalisations. La date de la construction est incertaine, environ 3500 avant J.C. Les structures de bois qui se dressaient devant la façade furent incendiées et immédiatement recouvertes d'une masse de pierres qui condamna l'entrée. Une chape de sable fut même ajoutée pour transformer ce cairn en monument aveugle.
C'est grâce à cela et à la montée des eaux qui isolèrent Gavrinis en une île que ce cairn nous est parvenu dans un état exceptionnel de conservation.

Le cairn recouvre un grand dolmen : un couloir de 14 mètres de long se termine par une chambre simple presque carrée de 2,50 mètres de côté. Cette chambre est située approximativement au centre du Cairn.

Le dolmen est constitué par l'assemblage d'une cinquantaine de dalles brutes soigneusement juxtaposées. La plus importante couvre la chambre, elle pèse près de 17 tonnes et provient d'un morceau d'un grand menhir brisé ayant servi aussi de couverture à l"a Table des Marchands" à Locmariaquer, distant de 4 km... à vol d'oiseau !
Probablement destiné au culte des morts, le dolmen a une forme classique de "dolmen à couloir simple", très répandue en Bretagne entre 4500 et 3000 avant J.C.

La célébrité de Gavrinis tient surtout à la somptueuse décoration intérieure. Le décor, exécuté avec des petits galets de quartz retrouvés pendant les fouilles, est profondémment piqueté sur les dalles dégrossies.
L'unité de conception, toutes les dalles sont gravées, l'équilibre de la composition et la qualité de l'exécution sont exceptionnels.
Les sculptures de Gavrinis demeurent encore mystérieuses. Dans le foisonnement de lignes, on reconnait des symboles habituels de l'art mégalithique :
Les "écussons" que l'on identifie à des figures humaines très schématiques,

mais aussi des signes en "U" assimilés à des cornes de bovins

des crosses, vraissemblablement symboles de pouvoir,

des armes telles que des arcs et leurs flèches,

ou encore des représentations de haches,

on trouve aussi d'autres motifs dont la symbolique nous est moins connue comme des zig-zag, des chevrons ou des serpents.

Ces figures élémentaires s'artculent entre elles et leurs contours démultipliés composent une véritable oeuvre d'art.

Au XIXème siècle on croyait que ces pierres étaient l'oeuvre de Celtes, mais l'archéologie moderne a démontré qu'elles ont été construites et gravées par les peuples du Néolithique, ici 3500 avant J.C. Agriculteurs, ils pratiquaient l'élevage d'animaux, fabriquaient de la céramique et des outils de pierre dure polie.

Ces hommes vivaient en communautés, déjà bien organisées, permettant de grandes réalisations collectives. Tumulus, cairns, dolmens et menhirs sont les témoins de l'art de l'architecture de ces très anciennes civilisations dont Gavrinis est une des plus belles réalisations.