sur le Nil - tombe de Sennefer - photo personnelle
sur le Nil - tombe de Sennefer - photo personnelle

 

 

Je vous propose une série d'articles, dont celui-ci est le premier, sur les symboles de l'Egypte ancienne et des pharaons. Je commence donc par le Nil, fleuve incontournable de l'histoire égyptienne dès son origine.

 

Le Nil est considéré comme le fleuve Dieu, il est le dispensateur de la vie et le Père de la vie pour les anciens Egyptiens.

 

Origine du nom : Nil

Il a d'abord été appelé par les anciens Egyptiens iouma signifiant "la mer", ioterou "le fleuve "ioter aa "la grande rivière" ou encore hapy (comme le Dieu du même nom, maître de la crue).

Ensuite les Grecs l'appelèrent Chrisonoas "le cuivre doré", mais ce sont les Romains qui lui donnèrent le nom nilus "l'aqueduc" d'où on a tiré le nom que nous employons aujourd'hui : Nil.

Les égyptiens d'aujourd'hui le respectent autant que leurs ancêtres en l'appelant El Bahr "LE Fleuve".

 

Origine, description et tracé du Nil

Le Nil est le plus grand fleuve du monde avec ses 7400km, il est plus long que l'Amazone (7025km). Il coule de l'équateur à la Méditerranée et traverse environ 2 900 000km2

 

Le Grand Nil est constitué de la réunion d'un fleuve éthiopien Le Nil Bleu "Bahr el Azraq",au Soudan aux environs de Khartoum, et d'une rivière soudanaise Le Nil Blanc "Bahr el Abiad" qui dépend du Lac Victoria et du Lac Albert.

Avant d'entrer en Egypte, le Nil reçoit, sur sa rive droite, un affluent l'Atbara lui même grossi par le Tekeze. Puis le Nil franchit le barrage d'Assouan pour traverser "La Vallée de la Haute Egypte" où il est le plus majestueux avant de former le "Delta de la Basse Egypte" et de se jeter dans la Méditerranée.

 

  • Les anciens égyptiens croyaient que le fleuve prenait sa source entre deux rochers nommés Krophi et Mophi, vers Assouan où vivait dans une grotte souterraine, selon leur croyance, le dieu Hapy, maître de la crue.

 

  • Néron envoya une expédition pour essayer de trouver la source en remontant le Nil au-delà de la 1ére cataracte et en le suivant à travers la Nubie, mais au Soudan des marécages obligèrent cette expédition à rebrousser chemin.

 

  • En 1613, Pedro Paez, Père Jésuite Espagnol, découvre les sources du Nil Bleu à 1700m d'altitude en Ethiopie.

 

  • Le 30 Juillet 1858, l'Anglais John Hanning Speke parvient au "lac du Nord" qu'il rebaptise "Lac Victoria" en honneur de la reine d'Angleterre. Ce lac se situe à 5600km de l'embouchure. Sir Speke pense d'abord avoir trouvé la source du Nil Blanc, mais en faisant le tour du lac, il se rend compte qu'il est alimenté par 3 rivières. A l'est on trouve deux rivières éthiopiennes : la Masai et la Mara. A l'ouest il découvre une très importante rivière rwandaise, la Kagera, qu'il croit alors être cette fois le Nil Blanc... mais là encore il se trompe.

 

  • En 1870, Samuel White Beker, anglais lui aussi, découvre plus à l'ouest un lac qu'il nomme Albert en honneur du Prince Consort. Ce lac est alimenté par une petite rivière la Semliki... Est-elle la source du Nil, elle aussi ? et bien non car la Kagera est plus au sud ... Alors la source du Nil est-elle la Kagera à 5800km de la méditerranée ? c'est ce qu'il pense mais il s'est encore trompé ... encore raté !

 

  • David Livingstone et le journaliste américain au New York Herald, John Rowlands Stanley, confirment quant à eux que le Lac Victoria et le Lac Albert existent bien.

 

  • En 1898, le docteur Richard Kandt démontre que la Kagera qui se jette dans le Lac Victoria est elle-même alimentée par deux autres rivières le Nyawarongo et la Ruvuvu. Le Nil s'allonge donc pour atteindre 6700km. Mais où est donc cette source ?

 

  • Enfin le 12 Novembre 1937, Burkhart Waldeker, explorateur allemand, se rend au Burundi sur les monts Moufoumbiro. Là, sortant d'une grotte, jaillit un petit filet d'eau que les locaux Tutsi appellent "Kasumo" (celui qui a jailli). Ce filet d'eau se transforme en ruisseau et courant dans un ravin, vient se jeter dans la Ruvuvu. Cette fois ça y est, la source du Nil Blanc est trouvée et le Nil atteint sa longueur définitive 7400km.

 

à la base, carte réalisée par Hervé Amiot avec Adobe Illustrator pour "les clés du Moyen Orient" et simplifiée par mes soins pour illustrer les différentes sources du Nil

 

Pour plus de clarté, je vous ai fait un schéma simplifié du trajet du Nil de sa source à la méditerranée.

 

schéma simplifié du Nil

 

 

La place du Nil dans l'ancienne Egypte

Le Nil a fait la richesse de l'Egypte.

C'était la seule vraie voie de communication, de navigation, de commerce, d'échange. Sur le Nil transitaient des bateaux chargés d'or, de lin, de blé ou encore de blocs de pierre pour les constructions.

Le Nil attire une faune nécessaire à l'alimentation comme des buffles, des canards, divers oiseaux et bien sur des poissons.

Il fournit aussi une flore importante dont le lotus et le papyrus, utilisés dans l'ordre pour les parfums et le support d'écriture.

 

A Noter : Symboliquement, le lotus a la forme du Nil. La fleur représente le delta et la tige, le cours du fleuve

 

Ce fleuve est surtout soumis à de fortes crues, que les égyptiens pensent déclenchées par le pharaon incarnation terrestre divine. Ces crues duraient 4 mois et en se retirant, déposaient un limon, terre noire, très riche et fertile, appelé Le Kemi. Ce limon évalué à environ 55 millions de tonnes est indispensable pour permettre des cultures et des récoltes très abondantes favorisant ainsi la richesse de l'Egypte.

C'est aussi le long du Nil que se trouvent toutes les grandes villes de l'Egypte antique mais aussi les temples. Ce fleuve a donc aussi un grand rôle socio-culturel. Hérodote disait du Nil : "l'Egypte est un don du fleuve" et cela 450 ans avant notre ère.

La crue débutait à Assouan le 5ème jour du mois de Mesori ce qui correspond à la nuit du 17 au 18 Juin et cette nuit était appelée "la Nuit de la Goutte". Les Egyptiens anciens considéraient qu'à cette date précise la déesse Isis, pleurant son époux le dieu Osiris, laissait tombait une goutte de ses larmes dans le Nil et cette goutte déclenchait la crue.

 A Noter : Cette légende de la larme d'Isis tombant dans le Nil et déclenchant la crue est à l'origine de l'expression : la goutte qui fait déborder le vase !

 

Le delta était atteint par la crue le 19 Juillet. Cette date correspondait au lever de l'étoile Sirius qui se levait et se couchait en même temps que le soleil. Cette date a été choisie par les prêtres d'Héliopolis comme le jour du Nouvel an du calendrier égyptien, le 1er jour du mois de Thot.

La crue continuait jusqu'à la mi-Septembre et alors les semailles pouvaient commencer. Le cycle inondation, semailles, germination, récolte avait une régularité parfaite.

L'Egypte dépendait entièrement du cycle des crues. Si la crue était trop abondante, cela provoquait des désastres pour les hommes et les animaux mais si la crue était insuffisante, la famine s'installait.

Enfin le Nil permettait de faire des processions religieuses lors de la fête de Hapy, le maître de la crue, par exemple. Les égyptiens lui demandait d'être clément et de leur donner une crue qui leur procurerait des récoltes prodigieuses et les épargneraient de la famine. 

Cependant le Nil n'était pas considéré comme un Dieu lui même car il n'existe aucun temple, aucune cérémonie pour lui seul.

 

Comme on a pu le voir les égyptiens anciens dépendaient entièrement du Nil qui leur procurait la vie culturelle, religieuse, sociale et alimentaire nécessaire à la grandeur de l'Egypte.

 

 

Musée Tessé- Le Mans-photo personnelle
Musée Tessé- Le Mans-photo personnelle

 

 

 

 

 

 

 

 

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