Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 21:27
Moyen-âge : le temps et sa mesure
le temps et sa mesure

Aujourd'hui, à l'heure de l'informatique, notre vie est rythmée par nos horaires de travail, de transport, de spectacle. Nous sommes en permanence connectés à l'heure via notre montre, notre téléphone portable, notre voiture, nos écran d'ordinateur ou de télé.

 

Mais comment faisait-on au Moyen-âge ? Je traiterai dans un premier temps la notion de temps médiéval puis je ferai un état des lieux des instruments servant à mesurer le temps existant en ce temps là.

 

 

Mais comment avait-on conscience du temps au Moyen-âge ?

 

Tout d'abord au Moyen-âge, le temps n'avait pas la précision rigoureuse qu'il a aujourd'hui, il était réglé sur les saisons.

Si l'année faisait en moyenne 365 jours, les saisons n'étaient pas fixes mais dépendaient de la météo, la longueur des jours variait, elle, en fonction des saisons et l'homme vivait en fonction des jours.

Rien n'était fixé et tout évoluait au fil des l'années.

 

Les Jours au Moyen-âge

 

Si la durée "naturelle" des jours est de 24 heures, la journée médiévale est donc "artificielle" et commence au lever du soleil pour se terminer à son coucher. On comprend bien que les journées étaient plus longues en été qu'en hiver ...

Le travail se calque sur cette journée et on travaille plus longtemps en juin qu'en décembre.

Le travail de nuit, lui est interdit.

 

Les heures 

 

Pour les paysans et les marchands, les jours étaient rythmés par les cloches qui sonnaient les heures canoniales.

Les heures canoniales, qui peuvent être mises en rapport avec le décompte des heures romain, sont inégales selon la longueur de la journée.

 

les heures canoniales de la journée sont :

 

  • Prime : qui correspond au lever du soleil mais aussi à la première heure romaine
  • Tierce : qui indique l'heure du casse-croûte et la 3ème heure romaine
  • Sixte : qui correspond à midi et donc à l'heure du dîner soit la 6ème heure romaine
  • None : qui correspond au milieu de la demie journée et 9ème heure romaine
  • Vêpres : qui correspond à la tombée de la nuit et au souper,  12ème heure romaine

 

les heures canoniales de la nuit sont :

 

  • les Complies : qui détermine l'heure du coucher
  • les Matines : qui correspond à minuit
  • les Laudes : milieu de la nuit 

 

Chacune de ces heures étaient rythmées par des sonneries de cloches qui appelaient les moines à la prière et donc indiquaient à l'homme le rythme de sa journée.

 

Pour faire une correspondance avec nos heures, imaginons que le soleil se lève à 6h, alors le paysan se lèvera à Laudes soit 3h, fera d'abord sa prière, ses ablutions puis ira aux champs à Prime soit 6h jusqu'à Tierce soit 9h où il prendra une collation, retournera travailler jusqu'à Sixte soit 12h où il dînera.

De Sixte à None, soit de 12h à 15h, soit il reprendra son ouvrage soit il fera une sieste en effet le mot "sieste" vient de "Sixte"..... les cloches le réveilleront !

De sixte aux Vêpres, soit de 15h à 18h, il travaillera, aux Vêpres après une prière il rentera souper, faire ses ablutions, il se couchera à Complies soit 21h.

Un sommeil de 6h, une journée bien remplie ....

 

Mais il ne faut pas oublier qu'au solstice d'été, le soleil se lève un peu après 4h .... et donc le paysan se lèvera à Laudes soit environ 2h du matin !  

 

Les prières du lever et du coucher :

 

il y plusieurs prières recommandées, elles s'adressent soit à Dieu soit à la vierge Marie ou les deux. Elles sont en latin pour les moines et en vieux François pour les non instruits.

Je vous en propose deux exemples.

 

prières du lever  à Laudes :

 

  • ~ Gracias ago tibi, Domine Deus omnipotens, qui es trinus et unus, qui es semper in omnibus, et eras ante omnia, et eris per omnia Deus benedictus per saecula, qui me de transacto noctis spacio ad matutinales horas deducere dignatus es. Et nunc queso, Domine, ut donas nihi hunc diem per tuam sanctam misericordiam sine peccato transire quatenus ad vesperum. Et simper tibi, Domino Deo meo, refferre valeam actiones graciarum. Per Christum, Domimum nostrum. Amen.

cela signifie : 

Seigneur Dieu tout-puissant, Un en trois personnes, qui étais, qui es et qui seras en toutes choses le Dieu béni dans les siècles, je Te rends grâce de ce que Tu as daigné me conduire du commencement de cette nuit jusqu'aux heures du matin. A présent, je Te prie de me permettre, dans Ta sainte miséricorde, de passer ce jour sans pêcher, de telle manière que je puisse à nouveau ce soir, te rendre grâces, T'adorer et Te saluer, Toi, mon Dieu et mon Seigneur.

 

  • ~ Domine sancte, Pater omnipotens, aeterne Deus, qui me ad principium huius diei pervenire fecisti, tua me hodie salva virtute ut in hac die ad nullum declinem mortale peccatum, ne ullum incurram periculum ; sed semper ad tuam justiciam et voluntatem faciendam omnis mea actio tuo moderamine dirigatur. Per Christum.

​cela signifie :

Seigneur tout puissant, Père éternel, Toi qui m'as permis de parvenir jusqu'au commencement de cette journée, garde moi, par Ta sainte puissance, de tout péril, afin que je ne commette aucun péché mortel et que sous Ta douce direction mon esprit soit porté à accomplir Ta sainte justice et agir selon Ta volonté.

 

 

prières au coucher à Complies :

 

  • ~ Sancta Maria, mater domini nostri Iesu Christi, in manus filii tui et in tuas commendo hodie et omni tempore animam meam, corpus meum, et sensum meum. Custodi me, Domini, a cunctis viciis, a peccatis, et a temptacionibus diaboli ; et ab eis libera me, Domine Iesu Christe, et adjuva me. Dona mihi sanitatem anime et corporis. Dona mihi bene agere et in isto saeculo recte vivere et bene perseverare, et omnium peccatorum meorum remissionem concede. Salva me, Domine, vigilantem, custodi me dormientem et dormiam in pace et vigilem in te, Deus meus. Amen.

cela signifie :

Marie, Sainte Mère de Jésus Christ, je remets mon âme, mon corps et mon esprit entre les mains de ton Fils béni et les tiennes, aujourd'hui et pour tous les temps. Seigneur, garde-moi de tout vice, de tout péché et de toute tentative diabolique et délivre moi de tout péril. Seigneur, doux Jésus, viens à mon secours et donne moi la santé de l'âme et du corps. Donne moi la volonté de faire le bien et de persévérer en ce monde dans la voie de la justice. Seigneur, garde moi quand je suis éveillé et protège moi dans mon sommeil afin que je dorme en paix et que je veille en Toi dans la gloire du paradis.

 

Ces exemples de prières sont tirés de divers Livres d'heures et sont en latin, il en existe aussi en vieux François ce qui montre l'importance de la divulgation de ces prières même pour les non latinistes

 

Gervais du Bus et Chaillou de Pesscain- Le Roman de Fauvel - Paris - 1318-1320- dessin du Maître de Fauvel

Gervais du Bus et Chaillou de Pesscain- Le Roman de Fauvel - Paris - 1318-1320- dessin du Maître de Fauvel

Les instruments de mesure du temps

 

Le ciel

 

C'est le premier instrument de mesure du temps.

On a bien compris que les paysans du Moyen-âge vivent au rythme des saisons et du soleil. S'ils habitent près d'un village, la cloche les informe de l'heure mais s'ils habitent en un lieu isolé pas de cloche, ils sont donc livrés à eux-même.

Il leur est facile de voir où se lève le soleil et où il se couche, le milieu de la journée, soit à Sixte (midi), est marqué par le soleil au milieu du ciel. Cela leur suffit, la mesure du temps n'est pas leur priorité. Ils se réfèrent au soleil, au froid, au chaud et aux évèments marquants comme un mariage, un enterrement, la grêle, une catastrophe naturelle, pour se resituer dans le temps.

 

les Riches Heures du Duc de Berry - Février et Octobre
les Riches Heures du Duc de Berry - Février et Octobre

les Riches Heures du Duc de Berry - Février et Octobre

 

les chandelles

 

Pour le soir, une fois le soleil couché, le temps est rythmé par la chandelle. La chandelle est l'ancêtre de la bougie. Elle est formée d'une mèche de chanvre trempée dans du suif de mouton. Elle brûle avec une forte odeur et une fumée très noire.

Mais le plus important c'est que les chandelles du Moyen-âge, calibrées, brûlent en 3 à 4 heures ce qui permet de connaître Complies (21 h, heure du coucher)  qui se situent 3h après Vêpres et ainsi de suite.

chandelle de suif

chandelle de suif

 

le cadran canonial et le cadran solaire

 

le cadran solaire existe depuis la nuit des temps, les premiers ayant été trouvés en Egypte. Il est formé d'une table horizontale, ou verticale s'il est adossé à un mur, comme sur les églises et abbayes, avec une tige perpendiculaire à la table appelée style.

 

Il sert à indiquer les heures canoniales qui rythment la vie du Moyen-âge.

Il servira jusqu'au XVIème siècle, époque à laquelle il sera supplanté par un cadran solaire doté d'un style polaire orienté vers l'étoile polaire, donc incliné et qui prend en compte la notion de rotation de la terre. Ce type de cadran existait depuis longtemps dans le monde arabe.

Le style incliné donne l'heure sur toute la longueur de son ombre et non plus juste sur l'ombre de la pointe du sylet droit.

 

Le cadran à style droit peut facilement être reproduit par le paysan, il lui suffit de planter un bâton dans le sol et de dessiner les repères sur la terre.

Le cadran à style incliné, lui, est dans un premier temps résevé aux érudits qui admettent le mouvement terrestre.

 

inconvénient : il faut du soleil et il ne donne pas l'heure la nuit !

 

 

cadran canonial

cadran canonial

cadran solaire à style polaire- Musée de Cluny- XVème siècle

cadran solaire à style polaire- Musée de Cluny- XVème siècle

 

cadran solaire portatif

 

il existe aussi des cadrans portatifs résevés aux riches et aux ecclésiastiques de haut rang qui sont transportables et que l'on peut poser sur une table, un rebord de fenêtre.

Ils sont souvent en or et très ouvragés.

 

On peut parfois y trouver une devise comme :

 

  • Carpe diem qui signifie profite du moment

  • Tempus fugit irreparabile qui signifie le temps passe inexorablement

 

cadran portatif

cadran portatif

 

le cadran des bergers

 

Depuis le XIème siècle, il existe aussi des cadrans portatifs qui servent aux bergers. Ce cadran est constitué d'un cylindre de petite hauteur, environ 10cm et d'une petite lame en métal ou en os repliable à son extrémité supérieure. Sur le cylindre sont tracées des lignes indiquant les courbes horaires.

Le cylindre doit être tenu verticalement et la lame doit être dépliée perpendiculairement au cylindre qui doit être, lui, face au soleil. L'heure est indiquée par l'ombre la plus fine possible portée sur une des graduations.

cadran de berger ou montre du berger

cadran de berger ou montre du berger

 

Le cadran équatorial ou équinoxial

 

Le cadran équatorial est lui aussi un cadran portatif le plus souvent.

Il est constitué d'une partie plane et fixe, d'une table parallèle à l'équateur et d'un style fixé sur celle-ci parallèle à l'axe de la terre pointé vers le nord. Les lignes représentant les heures partent au niveau de l'intersection du style et du plan.

 

Le plan du style définit le méridien et son angle avec la table, la latitude. 

Il fonctionne comme un globe terrestre, faisant un tour sur lui-même en 24h.

il donne l'heure solaire du lieu où il est installé mais peut être utilisé sous toutes les latitudes.

cadran équatorial

cadran équatorial

le quadrant

 

Cet instrument est de petite taille en moyenne de 10 à 20cm de rayon, il est le plus souvent en cuivre mais peut-être en bois ou en or pour les plus riches.

Il est formé par 2 côtés perpendiculaires et par un limbe en forme de quart de cercle, il est gradué de 0° à 90°, et comporte une petite visée. Un fil à plomb est accroché au centre du cercle.

 

Le quadrant est gravé de deux séries de lignes, des lignes correspondant aux heures et des lignes correspondant aux dates.

le fil à plomb est en général muni d'une perle coulissante que l'on règle en fonction de la date en réglant sa distance par rapport au centre du quadrant. Si on vise le soleil avec le quadrant, la perle undiquera alors l'heure exacte.

miniature de Batholomaeus Angélus dans le le livre des propriété des choses- XIIIème siècle-BNF

miniature de Batholomaeus Angélus dans le le livre des propriété des choses- XIIIème siècle-BNF

Moyen-âge : le temps et sa mesure

 

L'astrolabe

 

Il existe depuis l'antiquité, IIème siècle avant J.C, conçu par Hipparque, et a traversé les siècles jusqu'au Moyen-âge.

 

L'astrolabe est une représentation plane de la sphère céleste avec les méridiens, l'équateur et la position d'astres pour une latitude donnée.

 

Il est formé de 6 pièces  :

  • la mère qui est le support des autres pièces, elle est gravée sur sa face supérieure en heures et sur son dos en degrés avec le calendrier et les signes du zodiaque...

  • le limbe qui est le cercle gradué extérieur de la mère

 

  • le tympan, est fixé sur le dessus de la mère, fixe lui-même il est gravé de cercles qui définissent les positions astronomiques, il représente le ciel local, ce qui est au-dessus de la tête de l'observateur. Il est gravé de cercles, cercles d'altitude, d'horizon, d'azimuth mais aussi tropiques et équateur

 

  • l'araignée, mobile, est une jolie pièce très travaillée avec des zones ajourées. C'est une projection de la carte du ciel avec des pointes représentant l'emplacement d'étoiles telles Altaïr, Véga, Beltégeuse ... Il y a aussi sur cette araignée un cercle qui represente la position du soleil sur la sphère des étoiles tout au long de l'année.

 

  • l'alidade fixée sur l'axe de l'astrolabe à l'arrière de la mère elle permet de faire la visée

  • l'aiguille ou règle ou ostensor, fixée sur l'axe de l'astrolabe en avant de l'araignée, elle est gravée en déclinaison et permet la lecture de l'heure.

l'astrolabe avait de mutiples fonctions.

grâce à lui on pouvait mesurer des hauteurs inaccessibles, des angles en topographie, s'orienter en fonction de la position du soleil, déterminer les coordonnées horaires du soleil, d'une étoile, connaître l'heure de lever et de coucher du soleil ou d'une étoile à une date donnée, mais surtout et c'est ce qui nous intéresse ici lire l'heure de jour comme de nuit.

 

voici un lien vers une vidéo qui nous fait découvrir l'astrolabe et son fonctionnement

 

en ce qui concerne les heures de jour, le fonctionnement est le même que pour l'heure de nuit sauf qu'on ne fixe pas une étoile mais le soleil, or on ne peut fixer le soleil du regard avec l'alidade sans danger.

Il suffit alors d'orienter l'alidade vers le soleil et de faire passer ses rayons à travers de façon à n'obtenir qu'une seule tâche lumineuse au sol, cela s'appelle peser le soleil. On déterminera ainsi l'angle avec l'horizon dont on a besoin : c'est l'angle d'altitude du soleil.

 

en retournant l'astrolabe on tourne l'araignée de façon à ce que la date soit au-dessus du cercle d'altitude correspondant à celle du soleil. On amène alors l'aiguille sur la graduation de la date et on lit l'heure sur le limbe de la mère

"peser le soleil"

"peser le soleil"

il faut bien reconnaître aussi que l'utilisation de l'astrolabe s'adresse à des érudits, des capitaines de marine, des architectes ou des mages. Le paysan ne savait l'utiliser à cause de sa complexité et de son prix, et de plus leurs préoccupations étaient bien différentes, ils ne s'inquiétaient pas de la course du soleil mais de sa présence ou non et de son influence sur leurs cultures et donc leurs revenus.

 

D'autre part le calcul de l'heure exacte est laïque et les petites gens ne se fient qu'aux heures religieuses, comme on l'a vu.

Hermann de Carinthie tenant un astrolabe dessin de Mathieu-Paris- XIIIéme siècle

Hermann de Carinthie tenant un astrolabe dessin de Mathieu-Paris- XIIIéme siècle

 

la clepsydre

 

Connue depuis l"antiquité, la clepsydre est composée de 2 récipients, en terre au Moyen-âge, posés l'un au dessus de l'autre. Le récipient le plus haut est percé en sa base d'un petit trou. Rempli d'eau, cette dernière s'écoule doucement dans le récipient qui est le plus bas.

On voit ainsi le temps s'écouler  ...

La clepsydre est encore utilisée au Moyen-âge mais surtout pour mesurer un temps assez court comme par exemple pour un temps d'arrosage, une entrevue accordée, un accord à sceller, un marché ou une vente à conclure ..... son utilisation va rapidement s'éteindre, cependant elle a un avantage : elle fonctionne de nuit !.

clepsydre

clepsydre

 

le sablier

 

Découlant de la clepsydre, le sablier fait son apparition au XIIIème siècle. Il est d'abord constitué de 2 ampoules de verre reliées entre elles par un petit tuyau. Une des ampoules est remplie de sable ou de coquilles d'oeuf pilées ou pour les plus luxueux de marbre en poudre. Le sable s'écoule de l'ampoule supérieure vers l'inférieure.

Avec les progrès des souffleurs de verre du Moyen-âge, les sabliers se feront d'un seul tenant.

 

On voit là aussi le temps s'écouler, un temps assez court mais une fois le sable écoulé, on retourne le sablier et un nouvel espace temps débute.

 

Ces sabliers sont souvent retrouvés dans les échoppes ou chez les artisans, en milieu urbain donc.

 

Ils ont cependant des inconvénients, usure dûe au sable qui s'écoule, variation en fonction de la position plus ou moins horizontale et enfin leur fragilité ... 

 

Le Jeu de Cartes de Charles VI de France peint par Jacquemin Gringonneur (1392)

Le Jeu de Cartes de Charles VI de France peint par Jacquemin Gringonneur (1392)

 

le carillon

 

On a vu que les cloches rythment la vie médiévale en sonnant à la volée pour que le son se propage le plus loin possible. On manoeuvre alors les cloches en tirant une corde qui met en mouvement la cloche ou le battant de la cloche.

 

Mais il existe une autre façon de produire un son avec les cloches et ce depuis le XIème siècle. Les cloches étant fixes, on les fait résonner en les heurtant manuellement avec un petit marteau.

 

Le mot "Carillon" vient du gallo-romain "Quadrinione" venant lui même du latin "quaternio" qui signifie groupe de quatre. Les carillons dignes de ce nom auront donc au moins 4 cloches.

 

Le fait d'avoir plusieurs cloches permet au sonneur du Moyen-âge d'exécuter non par un simple son mais une mélodie complète qui s'adapte à chaque instant à signaler. En entendant telle ou telle mélodie on sait alors s'il est Sixte ou None par exemple.

 

Ces carillons se trouvent au Moyen-âge dans les églises, les monastères pour les heures canoniales et les Beffroi qui définissent, eux, un temps laïque de début et fin de travail, de même que le temps de repas .

 

 

psautier français du XIIIème siècle

psautier français du XIIIème siècle

 

Le carillon hydraulique

 

Dès le XIIème siècle, on fait évoluer le Carillon en lui adaptant la technique de la Clepsydre. 

Le carillon hydraulique est né, il n'est plus manuel mais mécanique. L'eau entraine une roue dentelée qui elle-même actionne des petits marteaux qui viennent heurter les cloches. Quel soulagement pour sonner Matines ou Laudes !

 

Ces carillons hydrauliques se retrouvent rapidement dans les villes, les monastères et les églises.

 

Leurs inconvénients : l'évaporation de l'eau ou le gel !

bible du XIIIème siècle

bible du XIIIème siècle

 

le carillon mécanique

 

AU XIIIème siècle, on remplace le carillon hydraulique par un carillon mécanique.

Les carillons sont soit à Foliot soit à échappement.

Un axe vertical monté sur un balancier appelé "la verge" porte des palettes qui reçoivent les impulsions de la roue de rencontre, c'est l'échappement à verge.

Les petits marteaux ainsi déclenchés vont frapper les cloches comme pour le carillon hydraulique.

 

Moyen-âge : le temps et sa mesure

 

L'horloge à poids

 

C'est au XIVème siècle que vont apparaître les horloges à poids. Ce sont de grandes mécaniques destinées aux clochers, aux cathédrales ( Beauvais, Caen, Strasbourg ...) ou aux édifices publiques

Cependant les premiers mécanismes étant en fer, ils étaient soumis à la rouille.

 

Le progrès est en marche et le fer est rapidement remplacé par le cuivre et les mouvements moins encombrants et plus esthétiques permettent la création d'horloges à poids dites de maison.

 

A cette époque, ces horloges extrèmenent ouvragées autour du cadran et richement décorées s"adressent évidemment aux rois, aux princes ou aux grands prélats de par leur coût.

 

horloge à poids de maison- XIVème siècle

horloge à poids de maison- XIVème siècle

 

l'horloge murale

 

la technique des horloges à poids ayant évolué, les mécanismes, les rouages se font plus discrets et l'horloge-carillon sonne désormais les heures mais aussi les demi-heures et même les quarts d'heure. On les accroche au mur, elles deviennent un signe extérieur de richesse. 

 

 

"le repas chez Simon" - XVème siècle - école française - Musée des Beaux Arts de Lille 1

"le repas chez Simon" - XVème siècle - école française - Musée des Beaux Arts de Lille 1

 

les horloges de table

 

Fin XIVéme, l'invention du ressort permet de supprimer les poids et on voit apparaître les premières horloges de table. C'est la porte ouverte à la miniaturisation qui permettra la réalisation des premières montres au XVème siècle mais ceci est une autre histoire ...

 

horloge de table

horloge de table

 

Conclusion

 

Il y a eu, comme on l'a vu, une énorme évolution dans la recherche de la mesure du temps mais force est de constater qu'il y a deux mesures du temps distinctes au Moyen-âge : le temps religieux et le temps laîque, celui du petit peuple et celui des gens fortunés.

 

J'espère vous avoir intéressé et pour finir je voulais vous présenter l'enluminure qui m'a interpellée et qui m'a donné l'envie de cet article. 

J'ai tiré certaines des illustrations de cette enluminure.

Cette enluminure a été réalisé par un anonyme au XIVème siècle, elle est tirée d'un manuscrit, l'Horologium Sapientiae (l'Horloge de la Sagesse), rédigé par le moine dominicain Heinrich Seuse (Henri Suso). Il s'agit d'un traité de morale en 24 chapitres comme les 24h du jour. La Sagesse, qui est aussi le Christ, enseigne à son disciple que l'homme doit faire ses dévotions et méditer sur le passage du temps...

 

une page de l'Horologium Sapientiae - Henrich Seuse

une page de l'Horologium Sapientiae - Henrich Seuse

détail de la page ci-dessus

détail de la page ci-dessus

 

et pour terminer, rappelons nous des devises notées sur les cadrans médiévaux : Tempus fugit irreparabile et surtout Carpe Diem, devises à appliquer sans modération !

 

 

 

 

 

 

 

Moyen-âge : le temps et sa mesure

cadran

Repost 0
6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 16:14
Moyen-âge, médecine et santé (3) : l'alimentation et la santé

médecine, santé et alimentation

Troisième volet de la médecine et la santé au Moyen-âge, je vous propose les liens entre alimentation et santé.

J'ai déjà traité, dans un article précédent, la cuisine au Moyen-âge qui parlait des goûts, habitudes et recettes du Moyen-âge, ici j'aborde les croyances et les recours de l'alimentation et des régimes pour rester en santé.

 

Au Moyen-âge, on l'a vu, il n'y a pas de salle à manger, on mange, on dort et on cuisine dans la même pièce. Seules les riches demeures possèdent des salles distinctes pour la préparation et la consommation des repas.

Moyen-âge, médecine et santé (3) : l'alimentation et la santé

les usages de la table

 

Il n'y a pas de fourchette, son usage viendra au XVIème siècle, on mange donc avec les doigts et on s'essuie à l'étoffe de la table.

Cependant on se lave les mains avant les repas, pour l'hygiène mais aussi dans un but de bienvenue, d'hospitalité.

 

On imprime alors des recommandations du "bien se tenir à table" à destination des enfants, quelque soit leur condition, comme par exemple cet ouvrage français : "les Contenances de la table" édité dès le XIIIème siècle par un auteur inconnu.

 

Ses conseils sont sous forme de quatrains commençant tous par "Enfants .... "

Moyen-âge, médecine et santé (3) : l'alimentation et la santé

 

Ce livret est écrit en vers pour une meilleure mémorisation dans la pure tradition médiévale, il comprend 3 textes. Le premier formé de 60 vers nous intéresse particulièrement.

En voici une traduction

Le Moyen-âge voit se multilpier les traités réglementant les usages de la table. Ces recommandations témoignent d'un souci du corps et de le garder en santé qui nous fait penser à des notions d'hygiène. 

 

 

On y lit qu'il ne faut pas toucher les animaux pendant le repas, qu'il ne faut pas remettre dans le plat des mets déjà goûtés, qu'il ne faut pas partager un met qui a été porté à la bouche, qu'il faut saler un aliment sur son tranchoir (épaisse tartine de pain rassi servant d'assiette) et non tremper son aliment dans le pot à sel, qu'il faut s'essuyer la bouche avant de boire au hanap (grand verre à boire), qu'il faut essuyer son couteau avant de trancher les aliments comme le montre l'enluminure qui suit .... 

 

Toutes ces recommandations, on le voit bien, sont destinées à limiter la promiscuité entre les convives et donc à limiter les risques de contagions.

 

"le repas Seigneurial" tiré du Remède de Fortune de Guillaume de Machaut -1350

"le repas Seigneurial" tiré du Remède de Fortune de Guillaume de Machaut -1350

Diététique et santé

 

Il existe donc une relation très forte entre nourriture et santé, de même la diététique fait partie intégrante de la médecine.

 

Au Moyen âge, le corps humain est constitué de "choses naturelles" et les boissons et la nourriture font partie des "choses non naturelles" c'est à dire extérieures à celui-ci.

On pense alors que l'alimentation est suceptible d'agir sur le corps pour combattre ou prévenir les maladies.

 

Manger est donc un acte curatif mais aussi préventif et les conseils diététiques s'adressent donc aux malades mais aussi aux gens sains.

 

La digestion est assimilée à "une cuisson" qui se produit dans l'estomac et qui fait suite à la cuisson des aliments : on appelle cette cuisson interne "la coction".

Cette coction est importante car on pense que ces deux cuissons sont nécessaires pour "nourrir" les organes tels que les os, les chairs, les vaisseaux .... et même les reconstituer.

 

Après avoir constaté, dans les temps anciens, que se nourrir, comme les animaux, d'aliments non cuits était parfois dommageable pour la santé, on considère donc, au Moyen-âge, extrêmement dangereux cette pratique qui consiste à laisser faire par l'estomac seul le travail de cuisson. On cuit donc tout et pour certains aliments crus tels que la salade on l'assaisonne avec du vinaigre pour en commencer la "cuisson".

un cuisinier tiré du Küchenmaistrey-premier livre de cuisine allemand-1485

un cuisinier tiré du Küchenmaistrey-premier livre de cuisine allemand-1485

 

La cuisine et la médecine sont donc liées et ont en commun leur préparation faite à base de mélanges : on mélange les éléments pour obtenir un traitement et on mélange les aliments pour obtenir la recette d'un plat "équilibrant" car le corps lui-même est fait de mélanges. 

 

 

 

On en revient à la théorie des humeurs que j'ai déjà abordé dans le premier volet de la Santé au Moyen-âge et son histoire.

 

 

La théorie des Humeurs

 

On pense toujours au Moyen-âge que le monde se compose de qatre éléments : l'eau, la terre, l'air et le feu. 

- l'Eau est froide et humide

- la Terre est froide et sèche

- l'Air est chaud et humide

- le feu est chaud et sec

 

Les régimes alimentaires du Moyen-âge sont donc liés à cette théorie car l'homme est lui-même régi par quatre humeurs :

- le flegme, qui est dans les poumons, est froid et humide

- la bile noire, qui est dans la rate, est froide et sèche

- le sang, qui est dans la tête, est chaud et humide

- la bile jaune, qui est dans la vésicule biliaire et le foie, est chaude et sèche

 

Pour être en bonne santé il faut que les quatre humeurs du corps soient en équilibre et on arrivera à conserver cette harmonie grâce aux aliments qui eux aussi ont des propriétés froides et humides, ou froides et sèches, ou chaudes et humides ou chaudes et sèches.

 

Donc en consommant ou en ne consommant pas certains aliments on rééquilibrera son corps et on le maintiendra en santé sans oublier de prendre soin de l'estomac.

 

Dans une manuscrit italien du XIVème siècle, l'illustrateur met dans la main de Galien un rouleau sur lequel est inscrit :

 Quicumque vult continuam custodire sanitatem, custodiat stomachum ne cum sibi necessarium sit prohibeat cibum « Qui veut garder toujours la santé doit préserver son estomac pour qu’il n’empêche pas la nutrition alors qu’elle lui est nécessaire »

 

 

Cette phrase introduit la diététique indispensable au bon fonctionnement de l'estomac et est par voie de conséquence garante de santé

Hippocrate et Galien -   Paris, Bibliothèque nationale de France, manuscrit latin 6823, fol. 1
Hippocrate et Galien -   Paris, Bibliothèque nationale de France, manuscrit latin 6823, fol. 1

Hippocrate et Galien - Paris, Bibliothèque nationale de France, manuscrit latin 6823, fol. 1

Au Moyen âge, on ne peut consulter un médecin aussi facilement que de nos jours pour savoir ce qu'il faut manger ou non sauf si on est roi ou prince. Alors des manuels voient le jour pour conseiller et guider le public dans ses choix alimentaires.

 

Le plus connu de ces ouvrages est le Tacuinum Sanitatis ou tableau de la Santé, il a été traduit et adapté au XIIIème siècle à partir de l'ouvrage du médecin de Bagdad Ibu Batlân. C'est à la cour du roi Manfred de Sicile que cet ouvrage a vu le jour et c'est de là qu'est partie sa diffusion en Europe. Très illustré et composé de tableaux alliant mets et humeurs, il fut très en vogue en son temps.

J'ai mentionné traduit et adapté, en effet le médecin de Bagdad ayant vécu sous un climat plus chaud qu'en Sicile, une adaptation a donc été nécessaire car le paragraphe sur la viande de chameau, par exemple, semblait inutile en Europe

Tacuinum Sanitis - BNF Lat. 6977-  1250-1300

Tacuinum Sanitis - BNF Lat. 6977- 1250-1300

 

 

La nature des aliments

 

les aliments seront donc classés selon leurs propriétés correspondant aux quatre humeurs :

 

les aliments froids et humides

ils seront donc recommandés pour des troubles du flegme et des poumons. Ce sont les cerises, les oranges, les pastèques, les courges, les poires, les melons, les abricots, les fraises,les poissons ...

la manière de les consommer est aussi importante car par exemple si la poire crue n'a pas bonne réputation, elle sera souveraine une fois cuite pour les troubles du flegme.

 

 

 

 

fraises - Codex Vindobonesis 93 - XIIIéme siècle

fraises - Codex Vindobonesis 93 - XIIIéme siècle

 

les aliments froids et secs

ils sont recommandés pour les troubles de la rate et de la bile noire. on y trouve le gland, le millet, le vinaigre, l'orge, le coing, le riz ....

Selon Hildegarde de Bingen :

"pour faire revenir l'appétit perdu à cause des humeurs froides, faire une sauce de menthe avec du vinaigre et un peu de poivre"

 

Bestiaire du Moyen âge  Bibliothèque Nationale de France

Bestiaire du Moyen âge Bibliothèque Nationale de France

 

les aliments chauds et humides

ils soignent les déséquilibres du sang, ce sont par exemple le blé, l'huile d'olive, les pâtes, l'oignon, le canard, le raisin ...

l'huile d'olive se trouvant plus facilement dans le sud, on utilisera dans le reste du pays de l'huile de noix qui fera le même effet.

Pour sainte Hildegarde le blé est la meilleur céréale, elle nous dit :

"il donne à celui qui le mange bonne chair et bon sang "

fauchage des blés - Riches Heures du Duc de Berry - XIVème siècle

fauchage des blés - Riches Heures du Duc de Berry - XIVème siècle

les aliments chauds et secs

ils s'adressent à des déséquilibres du foie et de la vésicule biliaire. On trouve par exemple l'aneth, la betterave, le chou, la moutarde, fenouil, poireau ...

Platéarius disait :

"bien qu'il ne convienne pas du tout en alimentation, le poireau mangé cru est utilisable en médecine car il débouche le foie"

 

Tacuinum Sanitatis - XIIIème siècle.

Tacuinum Sanitatis - XIIIème siècle.

 

 

Conclusion

 

 

On a vu la nécessité de maintenir les humeurs en équilibre grâce à l'alimentation, cependant il fallait aussi suivre les périodes de jeûne fixées par l'Eglise. Le jeûne est une pratique très ancienne qui consiste à supprimer la viande des repas pour se purifier. On jeûnait le mercredi et surtout le vendredi, les veilles de grandes fêtes religieuses, les 40 jours du Carême avant Päques sauf le dimanche et enfin les Quatre-Temps (période fixée au début de chaque saison de l'année.)

On supprimait alors les viandes mais aussi les graisses animales et parfois le lait et les oeufs, seul le poisson, les escargots restaient des sources de protéine permises. Un seul repas par jour dans l'après-midi était toléré.

On jeûnait finalement un quart de l'année.

 

Il est évident que la liste des aliments que je vous ai présentée n'est pas exhaustive mais elle montre aussi la difficulté de se maintenir en santé, en équilibre, car il fallait pour cela varier son alimentation quotidiennement ce qui n'était pas facile avec le jeûne mais aussi avec les périodes de disettes dûes aux intempéries, froid, gel, inondations, grêle, chaleur, sécheresse ....

 

Ceci explique que les organismes fragilisés par une alimentation déséquilibrée, le plus souvent chez les paysans, cédaient facilement aux épidémies. Je pense avoir démontré le lien entre alimentation et santé.

 

Suivant la logique, le quatrième et dernier volet sur la santé au Moyen-âge que je vous présenterai traitera donc des maladies et de leurs remèdes. A bientôt ....

 

 

Moyen-âge, médecine et santé (3) : l'alimentation et la santé
                                    santé et alimentation au Moyen-äge
Repost 0
6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 16:26
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp

Ravensbrück

 

Aujourd'hui je vous propose un petit aperçu de ce voyage du souvenir effectué du 16 au 20 Avril 2015 à Ravensbrück.

Ce voyage, j'ai pu y participer grâce à l'Amicale de Ravensbrück et en pensant très fort à notre amie Odette Boubou-Jarassier dont je vous ai proposé un article précédemment.

 

Nous étions accompagnés par Les Femmes Solidaires.

 

Nous avons visité, à Berlin, le musée Topographie des Terreurs, mais aussi les commandos de femmes de Velten, où un accueil extrêmement chaleureux nous avait été réservé, puis Hennigsdorf et Neubrandenburg. Partout le même accueil et nos roses Résurrection.

Partout l'émotion était palpable de même que l'implication de nos hôtes allemands.

Nous nous sommes enfin rendus à la cérémonie officielle tenue pour le 70ème anniversaire de la libération du camp de femmes de Ravensbrück. 

Beaucoup d'émotion lorsque les roses Résurrection ont été plantées et que nos fleurs ont recouvert ce superbe lac contenant en son fond les cendres de toutes ces femmes qui ont souffert et sont mortes réduites en cendres par le crématoire tout proche.

 

Ce voyage a été l'occasion d'échanges riches avec des survivantes de ce camp maudit qui ont partagé avec nous leur histoire, leurs souvenirs ... sans haine mais avec un message d'espoir, un message pour que rien ne soit oublié, pour que cela ne se reproduise jamais ....

Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp
Ravensbrück- 70ème anniversaire de la libération du camp

Ravensbrück

Repost 0
Published by fred37 - dans société Hommage
commenter cet article
4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 20:29
Moyen-âge, la médecine et la santé (2) : l'hygiène et la vie

la médecine et la santé au Moyen-âge

 

Après un rapide survol de l'histoire de la médecine des origines au Moyen-âge, je vous propose, avant d'aborder les remèdes et leurs utilisations, un aperçu de la santé médiévale.

 

Il y a, on le sait depuis toujours, une relation étroite entre hygiène et santé.

L'hygiène se définit comme un ensemble de pratiques tendant à préserver et améliorer la santé.

L'hygiène est donc le fait de se laver, de vivre et de manger sainement.

 

Au Moyen-âge, l'hygiène est bien différente selon que l'on vit en ville ou à la campagne et que l'on soit riche ou pauvre;

 

Comment se lave-t-on au Moyen-âge ?

 

Contrairement aux idées reçues, on se lave fréquemment pour être propre mais aussi par plaisirL'eau est considérée comme purificatrice et bienfaisante.

C'est un héritage de la civilisation romaine : on connaît donc les latrines (W.C) et les bains.

 

Les riches prennent des bains chauds. Le prix en est élevé car il faut du bois pour faire chauffer l'eau, un baquet de bonne grandeur, une toile avec laquelle on double les parois du baquet, du savon mou et visqueux, à l'odeur désagréable, fait de graisse de mouton, des herbes, des fleurs et des huiles pour en améliorer l'odeur.

Le baquet sert à plusieurs bains, toute la famille s'y succède dans la même eau, mais en changeant la toile qui gardait ainsi la crasse et les poils du précédent, et cela une fois par semaine au moins.

Aldébrandin, médecin italien du XIIème siècle auteur d'un traité d'hygiène en français intitulé "le régime du corps", nous dit que seule l'eau chaude peut "expulser l'ordure que la nature cache par pertuis de la chair".

Le bain est aussi un temps de plaisir, on y mange parfois des collations.

La nudité n'est nullement choquante et si parfois le baquet est recouvert d'un dais c'est surtout pour se protéger du froid et des courants d'air.

 

 

L'enluminure représente Liziart épiant Euriant dans son bain.Le Maître de Wavrin, enlumineur, Lille, vers 1450-1460.

L'enluminure représente Liziart épiant Euriant dans son bain.Le Maître de Wavrin, enlumineur, Lille, vers 1450-1460.

1490 1500 -le bain de tristan- miniature extraite de tristan- chevalier de la table ronde

1490 1500 -le bain de tristan- miniature extraite de tristan- chevalier de la table ronde

sortie du bain- de Valère Maxime-" Faits et dits mémorables" 1455

sortie du bain- de Valère Maxime-" Faits et dits mémorables" 1455

 

Pour le peuple vivant dans les villes, il n'est pas question de bains particuliers, on va aux bains publics.

Ceux-ci sont l'héritage des Thermes romains remis au goût du jour grâce aux Croisades. En effet la rencontre avec les bains orientaux ont redonné le goût du "bain-plaisir" et de la relaxation aux Croisés qui les ont remis à la mode en France.

Chaque quartier peut possèder ses bains publics appelés "étuves", ils sont ouverts tous les jours sauf les dimanches et jours de fêtes. A Paris, en 1292, il y a 27 étuves inscrites sur le Livre de Taille. 

Dès la levée du jour, un crieur passe dans les rues pour annoncer l'ouverture des bains :

"Seigneurs, venez vous baigner et étuver sans plus attendre... Les bains sont chauds, c'est sans mentir "

 

Les étuviers sont constitués en corps de métier et le prix des étuves est fixé par le Prévôt. En 1258, Estienne Boileau, prévôt de Paris sous Saint Louis, codifie dans son "Livre des métiers" les usages corporatifs des étuviers :

"les maîtres qui seront gardes du dit métier, pourront visiter et décharger les tuyaux et les conduits des étuves, et regarder si elles sont nettes, bonnes et suffisantes, pour les périls et les abreuvoirs où les eaux vont".

 

Le prévôt Estienne Boilleau distingue aussi les étuves sèches et les étuves humides : pour les premières on chauffe le local clos par l'extérieur en y envoyant un air chaud, pour les secondes on envoie dans le même lieu clos de la vapeur d'eau.

On va aux étuves pour se laver mais aussi pour se relaxer, on y mange, on y joue aux cartes, on peut même y rencontrer des prostituées.

Au XVème siècle, on commence à pratiquer la séparation des sexes, certain jours pour les femmes et d'autres pour les hommes en effet dans le code des métiers, il est dit: 

"Que nul du dit mestier ne soutienge en leurs maisons ou leurs étuves, bordiaus (bordel) de jour et de nuit".

 

Enfin il est interdit d'y faire entrer des malades, surtout des lépreux. Par exemple en 1450, les étuves seront fermées à cause de la peste pour en éviter la propagation.

 

Cependant les étuves ont, elles aussi, un coût. Pour un bain de vapeur on paye 2 fois le prix d'un gros pain, pour un bain chaud : 4 fois et pour s'étuver et se baigner : 8 fois.

Les plus pauvres ne peuvent évidemment pas se payer ce luxe.

les étuves -Valère Maxime-" Faits et dits mémorables" 1455

les étuves -Valère Maxime-" Faits et dits mémorables" 1455

Les moins fortunés des villes et de la campagne doivent se contenter de se laver dans un seau d'eau froide ou chaude ou de se baigner dans les rivières et fontaines.

Aldébrandin recommande le bain chaud mais précise que "si l'eau est froide, il ne faut pas y rester longtemps, juste le temps nécessaire pour nettoyer et renforcer la chaleur du corps ."

Moyen-âge, la médecine et la santé (2) : l'hygiène et la vie

 

En dehors des bains, on se lave par parties visibles, non couvertes par des vêtements. On se lave les mains, le visage et les cheveux bien que sur les miniatures qui nous parle du Moyen-âge, on ne voit que des femmes prendre soin de leur chevelure.

On l'a vu les riches ont le savon mais les plus pauvres et les paysans ne peuvent se l'offrir, ils utilisent alors une plante : la saponaire qui mousse lorsqu'on frotte son suc sous l'eau.

ms 888, fol.43v

ms 888, fol.43v

Les femmes riches prennent soin de leur chevelure en les lavant avec de l'eau de rose mélangée à de l'eau de myrthe. On y ajoute du Ladanum qui est une matière résineuse, aromatique tirée du Ciste, plante à fleurs roses, pour prévenir la chute des cheveux.

Les femmes de la campagne se lavent les cheveux à l'eau pure additionnée de saponaire.

Toutes les femmes  utilisent le jus de Bette pour son action antipelliculaire et les décoctions de feuilles de chêne ou de noyer pour embellir leur chevelure.

Sainte Suzanne se lavant les cheveux

Sainte Suzanne se lavant les cheveux

Pour les hommes, les cheveux sont coupés courts et la toilette à la main sur le visage et les cheveux suffit. Cependant, il y a un acte incontournable au Moyen-âge : l'épouillage.

L'épouillage consiste à éliminer "la vermine", c'est un acte qui peut être tendre comme l'épouillage entre amoureux mais aussi des parents pour les enfants et inversement, des serviteurs pour leurs maîtres. 

Moyen-âge, la médecine et la santé (2) : l'hygiène et la vie

Pour compléter la toilette, on prend soin de ses dents qui sont un gage de bonne santé. Depuis l'antiquité on évalue l'état physique d'un sujet ou d'un cheval à sa dentition.

 

Pour avoir une bonne haleine, on fait des bains de bouche à l'eau où a macéré du clou de girofle, importé depuis le VIème siècle, pour ses propriétés antiseptiques et analgésique.

Le clou de girofle étant cher, les moins fortuné utilise la menthe, la gentiane ou le thym.

Les paysans, quant à eux, mâchonnent des graines de fenouil ou de Cardamome.

 

Chez les riches, on utilise de la poudre d'os de seiche pour frotter sur sa dentition et la rendre blanche. Chez les paysans on utilise la feuille de prêle pour son action abrasive ou de la cendre et on ruse en mastiquant des racines de noyer : ça colore la gencive en brun et les dents paraissent plus blanches !!!

Certains nobles ont des trousses de toilette ou fourgeoires où on trouve une escurette pour les oreilles, une furgette pour les ongles, un cure-dent ou fusequoi et une esguillette ou cordon de soie qui équivaut à notre fil dentaire.

Moyen-âge, la médecine et la santé (2) : l'hygiène et la vie

Mais même lavé, le corps a des odeurs. Au XIIIème siècle on préconise, pour éviter les puanteurs, de s'arracher les poils des aisselles et de se laver avec du vin plus de l'eau de rose. On utilise aussi la pierre d'alun comme anti-transpirant.

On se sert pour s'épiler de pince à épiler, de cire rapportée des Croisades ou d'une préparation à base de chaux, dangereuse pour la peau, que l'on doit laisser le temps de la récitation d'un ou 2 Pater Noster.

Au delà de la nécessité de limiter les parasites, les poils ne sont pas sans rappeler les bêtes, le loup surtout qui était craint, ou le "malin" souvent représenté comme une bête velue.

C'est pourquoi, contrairement aux idées reçues, on s'épile le corps aussi bien chez les femmes que chez les hommes ... et toutes les parties du corps, même les parties intimes comme nous le montre beaucoup de représentations miniatures ou enluminées. 

Je vous en présente un exemple, tiré des Riches Heures du Duc de Berry en Février, regardez les 2 personnages du fond en train de se sécher à la cheminée ... pas de poils sur les pubis ni pour la femme ni pour l'homme !

 

 

les Riches Heures du Duc de Berry - Février

les Riches Heures du Duc de Berry - Février

 

En ce qui concerne les enfants, de nombreux traités comme ceux de Barthélémy l'Anglais, Vincent de Beauvais ou Aldebrandin de Sienne, prônent la propreté infantile.

Le bébé est lavé après son sommeil, trois fois par jour, dans un bain. Ce bain est donné dans un cuvier ovale ou rond le plus souvent en bois. Il en existe en métal précieux chez les nobles :

Ainsi, dans les Chroniques de Froissart, en 1382, il est écrit que, en pillant le mobilier du comte de Flandres, on trouva une "cuvelette où on l'avait d'enfance baigné, qui était d'or et d'argent"
 

Les cuviers pour enfants ont parfois un dais pour les protéger des courants d'air ou bien on dispose le cuvier près de la cheminée, l'eau doit être tiède et l'enfant est rapidement enveloppé dans un drap sitôt le bain fini.

Fresque de Menabuoi, Padoue

Fresque de Menabuoi, Padoue

A la fin du XVème siècle, les mentalités vont changer, peut-être que cela correspond aussi à l'arrivée de la Peste, toujours est-il que l'eau qui était considérée comme bienfaisante est petit à petit considérée comme responsable des épidémies et des maladies. Ceci n'a rien d'étonnant car Il faut dire que les immondices, détritus, charognes y étaient déversés.

Désormais on se méfie de l'eau et on ne se baigne que très modérément et cela va perdurer jusqu'au XIXème siècle !!!

 

Comment vit-on au Moyen-âge ?

 

Le lieu de vie a son importance dans la santé et il est bien différent de vivre à la campagne, dans les villes ou comme un châtelain.

 

La majorité du peuple vit à la campagne au Moyen-âge, environ 90% de la population.

 

A la campagne

On vit dans des fermes la plupart du temps composées d'une seule pièce qui sert de chambre, salle à manger, cuisine ... Les animaux sont dans une pièce attenante, la paille et le foin dans un grenier, assurant ainsi l'isolation.

 

Les murs sont en torchis, le toit de chaume,le sol en terre battue et comme les vitres n'existent pas, les fenêtres ne sont que de petites ouvertures laissant entrer peu de lumière. Il est donc difficile de vivre sainement.

La pièce principale comprend un lit unique ou paillasse, une table, des bancs, une cheminée qui est un élément essentiel, un ou plusieurs coffres qui servent à ranger les affaires. Des niches dans les murs servent aussi de rangement pour les chandelles par exemple.

Pour isoler les vêtements des parasites, on recommande de les ranger très très serrés dans un coffre, de le fermer en tassant bien et il est dit que si on suit bien ce conseil, les parasites ne pourront pas survivre sans air ni lumière.

Pour se protéger des poux et puces on dispose sur le lit une peau de mouton où les parasites viendront se coincer, et avant de se coucher on met la peau dehors, se débarrassant ainsi des indésirables.

 

Le garde-manger est, lui, en hauteur pour éviter les attaques de rongeurs, les viandes sont conservées séchées dans des tonneaux.

Pour se débarrasser des mouches, un bouquet de fougère est le meilleur moyen naturel : les mouches viennent s'y perdrent et on a plus qu'à le jeter dehors.

 

Les bébés sont dans des berceaux en bois, eux aussi suspendus au dessus du sol pour les protéger aussi des rongeurs.

 

Les ordures sont jetés dans des trous naturels de même que les carcasses d'animaux morts, cette pratique nous renseigne encore aujourd'hui sur les habitudes alimentaires et les ustensiles utilisés au Moyen-âge.

 

Ce type d'habitation correspond à un fermier relativement aisé, il est évident que certains serfs accablés d'impôts ne sont pas aussi bien lotis.

 

 

 

Pieter Bruegel le jeune - paysage de village avec célébration de mariage

Pieter Bruegel le jeune - paysage de village avec célébration de mariage

le Cœur d'amour épris, Vienne, Codex 2597 der Österreichischen Nationalbibliothek-folio 17  Désir gardant le cheval de Coeur , Franc-Vouloir tandis que le Chevalier Coeur pénétre dans la masure de Mélancolie

le Cœur d'amour épris, Vienne, Codex 2597 der Österreichischen Nationalbibliothek-folio 17 Désir gardant le cheval de Coeur , Franc-Vouloir tandis que le Chevalier Coeur pénétre dans la masure de Mélancolie

Pour uriner et évacuer les selles, on va dehors, au bout du jardin ou là où l'envie se fait sentir mais à l'abri des regards.

Pour s'essuyer on utilise les ressources naturelles de la campagne comme les cailloux, les feuilles de marronniers mais surtout les feuilles de la plante nommée Bouillon Blanc, duveteuses et résistantes. Si on a rien à disposition, la tradition orale veut que le paysan ait sa chemise jaunie !!!!

 

Regardez attentivement le dessin suivant ... c'est un camp de l'armée, vous verrez en bas à droite des carcasses d'animaux jetées dans un fossé et derrière la roue du premier chariot devant la tente au faîtage bleu, à l'abri des regards .......... et oui, un homme se soulage !

Hausbuch von Schloss Wolfegg -Fol. 53r–53r1 Heerlager (Wagenburg)

Hausbuch von Schloss Wolfegg -Fol. 53r–53r1 Heerlager (Wagenburg)

Moyen-âge, la médecine et la santé (2) : l'hygiène et la vie

Dans les villes

Les villes sont sales et les conditions de vie n'y sont pas saines.

La ville médiévale s'articule autour d'un édifice religieux, une cathédrale par exemple, ou d'un château, de façon désordonnée et concentrique. Les maisons s'entassent réparties en quartiers délimités par des ruelles étroites.

La ville est ceinte de remparts,rassurants, mais s'étend aussi en extra-muros suivant le même schéma de promiscuité.

Les ruelles sont très étroites, les maisons s'avancent sur la rue avec leur encorbellement augmentant ainsi la surface de l'étage par rapport au rez-de-chaussée. De chaque côté de la ruelle, les toits des maisons se touchent presque, laissant passer un rai de lumière et permettant l'écoulement des eaux de pluie vers une rigole au centre de la ruelle. 

La lumière est bien insuffisante et majore l'insécurité, les ruelles sont sombres et malsaines.

ruelle et encorbellemnt

ruelle et encorbellemnt

Dans les villes, il n'y a pas de fossé pour se débarrasser des détritus, c'est la rue qui fait office de dépotoire. On y jette tout et n'importe quoi : eau sale, ordures ....

Le tout-à-l'égout connu depuis l'antiquité est tombé dans l'oubli. Les rues sont en terre battue avec un caniveau central, l'odeur est pestilentielle.

De nombreux commerces, échoppes sont installés au rez-de-chaussée des habitations, ils sont de toute sorte : drapiers, écrivains publics, teinturiers mais aussi bouchers et volaillers qui tuent et dépècent leurs bêtes à même le trottoir laissant s'écouler le sang et les entrailles dans le caniveau. Les mouches et les rats s'en régalent majorant l'insalubrité.

Pour nettoyer les rues, on laisse aller librement poules et cochons qui sont sensés manger les détritus mais y ajoutent leurs propres excréments.

Les moyens de locomotion sont chevaux et mulets qui eux aussi polluent la rue avec leurs excréments.

Les cimetières font partie de la ville et côtoient les commerces de bouche, les eaux de ruissellement polluant les légumes posés au sol.

Les teinturiers eux sont près des fleuves car ils ont besoin d'eau pour leur ouvrage et y rejettent des produits toxiques provocant une pollution chimique des fleuves

 

Dans les villes l'insalubrité est partout et il faudra attendre Saint Louis pour voir l'arrivée des pavés, puis des gouttières et des égouts comme "les conduits de merderons" à Paris en 1356.

Montbrison

Montbrison

Si la rue des villes est insalubre, l'habitat essaie d'etre sain.

L'habitation se trouve donc au dessus des échoppes et subissent les pollutions sonores et olfactives de celles-ci.

 

l'habitat est composé de petites pièces de rangement et d'une grande pièce de vie servant de chambre, salle de reception et salle de repas.

Le logement a un minimum de confort, le sol est en planche, le plancher qui est aussi le plafond de l'échoppe en dessous et donc laissant passer tous les bruits et les odeurs !

On a une cheminée, un lit, un dressoir, des coffres et des tréteaux pour dresser la table. On a même un évier : c'est une dalle très simple en forme de cuvette avec un orifice permettant l'écoulement des eaux usées vers la ruelle.

 

Les murs sont en torchis avec des colombages en bois, percés de fenêtres toujours assez petites car il n'y a pas de vitres et on les ferme avec des toiles, des parchemins huilés ou des volets de bois.

Le lit est aussi pour toute une famille, on y dort ensemble. Il est constitué d'un matelas d'étoupe, de draps et parfois d'un baldaquin pour isoler des regards et protéger du froid.

 

Moyen-âge, la médecine et la santé (2) : l'hygiène et la vie

Les draps sont lavés, avec les vêtements, dans le cuvier après le bain de la famille : on ne gaspille pas l'eau. Il est recommandé de les essorer souvent, de les étendre et de les sécher au soleil avant de les ranger bien serrés dans un coffre comme on l'a vu.

 

Les puces sont bien sûr présentes dans les villes et on va s'en débarrasser en étalant sur le sol des feuilles d'aulne où les puces iront s'engluer.

 

Les mouches aussi sont omniprésentes, à cause de la puanteur et des détritus, et on a des moyens de les piéger. Les plus aisés dormiront sous un cincenellier, genre de moustiquaire, adapté au baldaquin, pour les autres se sera des pièges fait avec une chausse de toile contenant du miel, ou un fruit, liée au fond d'un pot percé ce qui est l'ancêtre de notre piège à mouche. On peut aussi tremper un cordon dans du miel et l'accrocher au plafond, les mouches viendront s'y coller, c'est l'ancêtre de notre papier tue-mouche.

Les mouches sont tellement omniprésentes, qu'on les intègre même dans les peintures comme par exemple le Maître de Francfort : la voyez-vous sur la coiffe de son épouse ?

 

 

 

Maître de Francfort. Détail du portrait de l'artiste et son épouse.1476. HB. Anvers Musée Ryal des Beaux Arts.
Maître de Francfort. Détail du portrait de l'artiste et son épouse.1476. HB. Anvers Musée Ryal des Beaux Arts.

Maître de Francfort. Détail du portrait de l'artiste et son épouse.1476. HB. Anvers Musée Ryal des Beaux Arts.

Nous savons que les paysans se soulageaient dans leur champ, mais dans les villes la gestion des excréments est un épineux problème. Certains se soulagent derrière des murs à l'abri des regards lorsque l'envie les prend.

La plupart ont des "pot à pisse" qui deviendront des vases de commodités puis nos pots de chambre. Ces pots sont dans les maisons ce qui dispense l'habitant de sortir pour se soulager mais une fois plein, qu'en fait-on ? ... on le vide par la fenêtre dans la rue !!! .... mais il faut prévenir avant : "gare à l'eau, gare, gare !!!"

Moyen-âge, la médecine et la santé (2) : l'hygiène et la vie

Mais l'évolution est en route et on voit, dans les maisons, l'apparition de latrines. Ce sont des endroits retirés, assez rudimentaires, formés d'une dalle de pierre trouée posée sur un socle

Moyen-âge, la médecine et la santé (2) : l'hygiène et la vie

Il n'y a pas de fosse septique et les excréments s'écoulent directement dans la rue ou la rivière

Ces lieux d'aisance sont placés au dernier étage des habitations pour limiter l'invasion des mouches (encore elles !) et pour limiter les nuisances dues au remontées d'odeur, comme le montre cette représentation d'une ville allemande

Moyen-âge, la médecine et la santé (2) : l'hygiène et la vie

dans les châteaux

Nous connaissons mieux ce qui se passe dans les châteaux car ils sont parvenus jusqu'à nous et leurs archives aussi.

 

les chateaux ont de nombreuses grandes pièces, toutes pourvues de grandes cheminées. Pour plus de confort et pour garder de la chaleur, les murs sont recouverts de riches tapisseries.

Les cuisines sont immenses et bien aménagées, cheminées, rotissoires, éviers, rafraîchissoirs, garde-manger avec sol dallé et porte fermée pour se prémunir des rongeurs ...

La chambre est aménagée avec soin, coffres, lit à baldaquin, cuvier pour le bain et grande cheminée. Les matelas sont en étoupe, plus douillet.

Il y a une garde-robe, pièce servant à ranger le linge dans les coffres et à entretenir les vêtements.

 

Les latrines sont dans des endroits retirés, formées elles aussi d'une dalle de pierre percée placée sur un socle, elles sont dans des encorbellements de l'architecture, s'ouvrant sur l'extérieur ou sur les douves. Pourtant là aussi, il n'est pas rare de se soulager derrière un mur, là où l'envie prend !

Pas de cailloux ni des feuilles pour se "torcher", on a retrouvé dans les archives du Duc de Berry la trace de l'achat de "coton et de quatre livres d'étoupe". L'étoupe, partie grossière de la filasse, est tirée du chanvre ou du lin. Chez les riches souverains et riches châtelin on privilègera l'étoupe de lin beaucoup plus douce aux fesses.

 

Très cher, le papier n'apparaîtera qu'au XVème siècle pour cet usage

 

 

Moyen-âge, la médecine et la santé (2) : l'hygiène et la vie

Comme on l'a vu, même si le mot n'existe pas au Moyen-âge, on a une vraie préoccupation d'hygiène pour se garder en santé et loin des maladies.

Les pratiques sont plus ou moins efficaces pour l'environnement que l'on soit à la campagne, à la ville ou au château, mais malgré la pollution, les eaux contaminées et, contrairement aux idées reçues, on essaie au moins de garder une hygiène corporelle correcte pour rester en santé, bien précieux à l'époque.  

 

Moyen-âge, la médecine et la santé (2) : l'hygiène et la vie

affaires de toilette médiévales

Repost 1
7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 11:13
Sainte Maure : sa paille et son fromage

Sainte Maure de Touraine

 

Aujourd'hui j'ai eu envie de vous parler d'un fromage local que j'adore : le Sainte Maure de Touraine, sa paille et son goût de noisettes incomparable.

 

Le fromage de Sainte Maure de Touraine est un fromage à pâte molle, à base de lait de chèvre frais, entier et cru. Il a une forme cylindrique ou plus exactement tronconique, sa croûte est gris-bleuté. Le véritable Sainte Maure est traversé par une paille de seigle dans toute sa longueur.

 

Le Sainte Maure de Touraine est produit exclusivement en Touraine et nulle part ailleurs, principalement dans les terres de gâtines.

 

 

source photo : www.stemauredetouraine.fr/savoir-faire

source photo : www.stemauredetouraine.fr/savoir-faire

 

Le fromage de Sainte Maure de Touraine pèse en général 250g et il faut 2l à 2,5l de lait de chèvre pour le produire.

Après le caillage, le fromage est versé dans des faisselles de forme tronconique avec une extrémité plus large que l'autre pour en faciliter le remplissage, c'est l'égouttage.

Une fois l'égouttage terminé, soit environ 48 heures, on démoule le fromage et c'est à ce stade que l'on introduit la paille de seigle;

 

source photo : www.stemauredetouraine.fr/savoir-fairesource photo : www.stemauredetouraine.fr/savoir-faire

source photo : www.stemauredetouraine.fr/savoir-faire

On le saupoudre alors de sel cendré.

Il est ensuite affiné dans un haloir, frais, humide et ventilé de 10 jours à 3 semaines pour obtenir son goût de noisettes plus ou moins corsé.

 

 

D'où vient le nom de Sainte Maure ?

 

Il y a deux origines possibles au nom de Sainte Maure : 

 

D'abord en vieux français le mot "Maure" signifie noir et peut faire référence à la couleur de sa croûte, recouverte de poudre de charbon de bois.

 

Ensuite la légende veut qu'au VIII ème siècle, des femmes Sarrazines, abandonnées lors de la défaite de Poitiers face à Charles Martel, avec leurs chèvres, ont appris aux locaux à fabriquer ce fromage. Ces femmes "Maures" auraient donné leur nom au fromage.

 

Choisissez la version que vous préférez mais selon moi, je pense que les femmes Sarrazines avaient la peau mate, ce qui explique l'appellation de "Mauresque", et que cette appellation, à l'époque, faisait écho à la couleur de peau de ces femmes de façon péjorative. Je préfère donc la première hypothèse.

 

 

A quoi sert la paille de seigle ?

 

On l'a vu, le Sainte Maure de Touraine est traversé par une paille de seigle.

Cette paille a un triple rôle :

 

D'abord de solidifier ce fromage fragile après l'égouttage et éviter ainsi qu'il se casse. Elle permet aussi un retournement plus facile lors de l'affinage.

 

Ensuite elle permet une aération du fromage et évite ainsi un séchage trop rapide.

 

Enfin c'est une garantie d'authenticité car cette paille est gravée au laser avec le nom du fromage et le numéro d'identification du fabricant fromager.

 

 

Sainte Maure : sa paille et son fromage

 

Mais d'où vient cette paille de seigle ?

 

 

L'ESAT des Grandes Reuilles, établissements et services d'aide par le travail, à Bridoré en Indre et Loire, ouvert depuis 1975, emploie 97 personnes reconnues travailleurs handicapés, qui cultivent 25 hectares de seigle, les récoltent et les préparent.

 

Après avoir stocké la récolte, les travailleurs de "l'atelier paille" séparent les pailles des épis.

 

Les épis et les débris de seigle seront récupérés par un agriculteur du Sud Lochois pour l'alimentation de son bétail. Rien ne se perd !

 

 

Sainte Maure : sa paille et son fromage

 

Ensuite les travailleurs vont trier les pailles et choisirent celles qui seront exploitables et que l'on pourra découper entre 2 noeuds.

La taille doit être nette et sans bavure.

 

Puis dans un autre atelier on mesure le diamètre de la paille et la dimension qui doit être de 16cm pour un Sainte Maure AOP.

 

La paille sera alors gravée au laser, comme on l'a vu, pour la traçabilité du produit et adressé au fabricant fromager correspondant au numéro d'identification.

 

 

 

Pourquoi j'aime le Sainte Maure de touraine ?

 

J'aime ce fromage d'abord parce qu'il est bon pour la santé, il apporte du Calcium, du Phosphore, de l'Iode, du Zinc, du Magnésium, du Fer et des vitamines A et B.

 

Je l'aime plutôt un peu frais, avec sa belle couleur blanche ou ivoire, son goût de noisettes, sa pâte tendre, souple mais non fondante, sa fraicheur.

 

 

 

Comment entamer le Sainte Maure ?

 

Le fromage de Sainte Maure se coupe à partir de son extrémité la plus large.

Une superstition locale et ancienne veut que si on coupe le petit bout du fromage, "on coupe le lait du pis de la chèvre" et celle-ci ne pourra plus allaiter son chevreau.

 

 

 

A table !

 

Vous trouverez sur internet beaucoup de recettes de plats avec du Sainte Maure.

 

Pour ma part je le préfère nature avec du bon pain.

 

Mais s'il faut choisir une recette chaude, ce sera une rondelle de Sainte Maure, sur un carré de pâte feuilletée, passée au four puis arrosée d'un filet de miel d'acacia, servie avec une salade de jeunes pousses. Bon appétit !

 

J'espère vous avoir interessé avec ce petit article et je pense que vous pourrez étonner vos convives en les éclairant de vos connaissances sur le Sainte Maure et sa paille !

 

 

 

Sainte Maure : sa paille et son fromage

Sainte Maure au miel d'acacia

Repost 0
Published by fred37 - dans société cuisine
commenter cet article
19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 17:34
Moyen-âge, la médecine et la santé (1) : histoire

médecine et santé au Moyen-âge

Je vous propose une nouvelle série d'articles sur un sujet que j'affectionne, le Moyen-âge, et plus particulièrement sur la médecine, les remèdes, les potions et les plantes utilisées au Moyen-âge...

 

Les remèdes utilisés au Moyen-âge ont bénéficié des acquis de l'Antiquité, des découvertes et des recherches de l'époque médiévale. Les moines ont eu un rôle très important car ils copiaient, traduisaient, commentaient et illustraient les écrits de divers pays et ont ainsi échangé les savoirs.

Le paradoxe c'est que cette période est influencée par la religion et la magie au même titre que par la connaissance médicale, l'un ne va pas sans l'autre.

 

Avant de parler des remèdes, potions et plantes, je crois qu'un tour d'horizon rapide de la petite histoire de la médecine des origines jusqu'au Moyen-âge s'impose.

C'est ce que je me propose de traiter maintenant.

 

médecine = traitement = médication donc je ne parlerai que de la médecine et non de la chirurgie, peut-être dans un futur article ?

 

 

Au néolithique

 

La sédentarisation au néolithique, en -8500 avant J.C, a pour conséquence l'émergence de l'art de guérir. Les chasseurs-cueilleurs connaissaient les effets de certaines plantes : on a par exemple retrouvé des poteries contenant des herbes dans des tombes néolithiques en Europe comme en Asie. Les herbes les plus fréquemment retrouvées sont le chanvre, sûrement utilisé pour ses vertus apaisantes et le pavot scarifié, pour  en extraire la résine riche en dérivés opiacés aux vertus analgésiques.

pavot

pavot

 

 

En Egypte

 

L'Egypte grâce à sa connaissance de l'écriture nous a laissé, contrairement au néolithique, des traces écrites de sa pharmacopée.

On a retrouvé des papyrus mentionnant 700 substances curatives aussi bien végétales, qu'animales ou encore minérales. Il s'agit par exemple du papyrus Ebers.

Ces substances servaient à préparer 1000 remèdes détaillés et accompagnés d'incantations aux dieux.

papyrus Ebers

papyrus Ebers

 

Chez les Grecs

 

Les Grecs s'inspireront beaucoup de la médecine égyptienne et en augmenteront les apports.

Au Vème siècle avant Jésus Christ, Hippocrate reprend leurs formes médicamenteuses : pilules, pastilles, suppositoires et infusions ...

En plus, il décrit dans ses "Aphorismes du Corpus Hippocratum" les éléments et les humeurs du corps humain.

Cette notion va perdurer jusqu'au XVIIIème siècle où on essairera de se maintenir en santé en équilibrant ses humeurs.

 

 

 

hippocrate et un extrait des "Aphorismes du Corpus Hippocratum"hippocrate et un extrait des "Aphorismes du Corpus Hippocratum"

hippocrate et un extrait des "Aphorismes du Corpus Hippocratum"

 

Chez les Romains

 

Là aussi les acquis anciens sont repris et augmentés.

Aulus Cornélius Celsus (25 avt JC-50 après JC) est romain et médecin, il est l'auteur de "Re medica" qui reprend les connaissances grecques en les commentant.

 

Pline l'Ancien qui, lui, n'est pas médecin, collecte toutes les notions médicales de son époque, au 1er siècle après JC, tous les remèdes connus jusqu'à lors dans son "Histoire Naturelle".

Ce livre sera copié et diffusé pendant tout le Moyen-âge et la Renaissance.

 

Claude Galien (131-200), médecin militaire grec suivant et soignant les légions romaines, en plus des connaissances acquises sur l'anatomie et le traitement des plaies qu'il considère comme des fenêtres sur le corps, fut considéré comme "le père de la pharmacie dite galénique".

Hippocrate enseignant Galien

Hippocrate enseignant Galien

 

En Orient

 

Après l'incendie de la bibliothèque d'Alexandrie où se trouvait les registres traitant des dissections humaines (autorisées par l'école d'Alexandrie), c'est Constantinople qui devient un centre médical important du IVème au VIIème siècle.

Oribase (323-403) écrit une véritable encyclopédie médicale en 70 volumes.

Oribase

Oribase

 

La médecine des moines

 

Les moines connaissent le latin et le grec, ils lisent donc, traduisent et copient les livres de médecine et leurs enseignements.

Les préceptes religieux de St Jacques et de St Matthieu tels que " guérissez les malades, ressucitez les morts, purifiez les lépreux ..." leur dictent leur conduite face aux pauvres et aux malades dont ils prennent soin.

Les plantes sont cultivées dans les couvents et les monastères, jardins de simples

Elles servent aux préparations qui s'accompagnent, là aussi, de prières et d'invocations aux saints.

Vincent de Beauvais, moine copiste, savant et écrivain (1190-1262)

Vincent de Beauvais, moine copiste, savant et écrivain (1190-1262)

 

La médecine arabe

 

A la fin du premier millénaire, les arabes, qui ont accumulé toutes les traditions antiques, les augmentent et les font progresser comme par exemple le Persan Rhazès (865-932) ou Avicenne (980-1037).

Tous ces travaux traduits par Gérard de Crémone vers 1200 resteront la base de l'enseignement médical jusqu'au XVIème siècle.

extrait du Materia Médica Dioscurides

extrait du Materia Médica Dioscurides

 

Les premières écoles de médecine

 

C'est vers la fin du Xème siècle qu'est fondée, en Italie, l'éole de Salerne qui regroupe toutes les connaissances arabes, juives, chrétiennes ... C'est un centre d'étude et de soins.

Puis en Espagne, au XIème siècle, est fondée l'école de Cordoue puis au début du XIIème siècle l'école de médecine de Tolède..

Enfin à partir du XIIème siècle les écoles se multiplient surtout en France, à Montpellier puis à Paris,Toulouse ...

 

Je vous conseille, si ce n'est pas déjà fait et que vous avez envie de vous distraire en vous plongeant dans cette époque de recherches des connaissances médicales, un roman de Noah Gordon : le Médecin d'Ispahan.

 

 

 

Beaucoup de détails sur la ville de Londres au xie siècle, ainsi que sur la façon de voyager à cette époque sont présents dans le livre. De Londres à Ispahan en passant par Constantinople, un parcours de découverte humaine et médicale s'ouvre à vous au fur et à mesure du roman, le tout dans un contexte historique très détaillé (Wikipedia)

Beaucoup de détails sur la ville de Londres au xie siècle, ainsi que sur la façon de voyager à cette époque sont présents dans le livre. De Londres à Ispahan en passant par Constantinople, un parcours de découverte humaine et médicale s'ouvre à vous au fur et à mesure du roman, le tout dans un contexte historique très détaillé (Wikipedia)

 

La religion et la médecine

 

Dès la fin du XIIème siècle, les moines ont l'interdiction de soigner.

La maladie est considérée :

- soit comme une épreuve et donc nécessaire pour élever l'âme et se recentrer sur l'essentiel dans les prières à Dieu

- soit comme un mal produit par les démons et les esprits mauvais et donc qui peuvent être vaincus par les traitements et les prières.

D'où une certaine ambigüité qui ouvre la porte à la science, la religion mais aussi la magie et l'ésotérisme

le rétable d'Issenheim - Colmar

le rétable d'Issenheim - Colmar

 

Les médecines savantes et populaires

 

Au XIème siècle, l'apport d'ingrédients coûteux provenant de pays lointains comme l'Inde favorise une médecine de riche par opposition à une médecine de pauvre constituée, elle, d'éléments communs et peu ragoûtants comme la poudre de crâne de mort ou  la bave ... on en trouve de nombreuses recettes dans le livre du Grand Albert.

Ces éléments sont considérés comme vils et sont donc méprisés par les riches.

 

 

Les marchands de potions et de remèdes

 

Comme on l'a vu, au début les moines cultivent leurs propres plantes médicinales.

Au XIIème siècle, apparaissent les premiers préparateurs et vendeurs de remèdes, ils appartiennent à la corporation des épiciers.

Au XIVème siècle commence l'emploi des ordonnances écrites par un médecin. Les apothicaires doivent faire les préparations à la lettre leur conférant ainsi une grande rigueur.

Les préparateurs deviennent une corporation importante nécessitant bientôt une formation.

Ce n'est qu'au XVIIIème siècle qu'ils deviendront pharmaciens.

apothicaire

apothicaire

 

Le Moyen-âge et la santé, les bases de la médecine

 

Les bases de la médecine reposent sur plusieurs principes :

 

Ce sont les Simples

Ce sont des plantes d'abord utilisées seules puis en combinaison avec d'autres ingrédients.

C'est une observation millénaire de leurs propriétés qui en ont permis l'utilisaion comme par exemple l'écorce de saule et la reine des prés utilisées pour ses capacltés à calmer la fièvre ... cela donnera plus tard l'Aspirine !

 

C'est la théorie des analogues

Pracelse, médecin du XVème siècle, pensait que la ressemblance d'une plante avec une partie du corps humain la rendait efficace contre un mal touchant cette partie du corps comme par exemple les capillaires pour les problèmes de cheveux, les pulmonaires contre les maladies des poumons ou la Physalis contre le mal de vessie ...

Il pensait aussi que les plantes de couleur jaune pouvaient traiter une maladie du foie et de la bile alors qu'une plante à dominante rouge était efficace contre les maladies du sang et des plaies.

 

Ce sont les 4 humeurs

Hippocrate a mis en évidence la présence et l'impotance des 4 humeurs dans le corps :

 - la bile jaune

 - la bile noire

 - le sang 

 - la lymphe

le déséquilibre de ces humeurs entraîne de nombreuses maladies et le diagnostic se faisait par l'examen des yeux, du pouls, des urines ...

Les 4 humeurs correspondaient à 4 éléments :

 - la bile jaune correspondait au feu, chaud et sec

 - la bile noire à la terre, froide et sèche

 - la lymphe à l'eau, humide et froide

 - le sang à l'air, humide et chaud

 

Pour guérir, il fallait rétablir l'équilibre entre ces humeurs et en compenser les carences. Pour cela on utilisait des plantes et autres éléments. La composition et la posologie devaient être rigoureuses et précises. En réalité cela dépendait beaucoup du praticien ...

Dans le "Circa Instans", ou livre des simples, de Matthaeus Platerius au XIIIème siècle on trouve par exemple le Santal, froid et sec, utilisé contre l'ébullition du sang ou encore la Saxifrage granulée, chaude et sèche pour décongestionner l'estomac ou encore la chicorée en jus, froide et humide pour lutter contre l'échauffement du foie.

 

 

 

 

le Roman de la Rose (source BN)

le Roman de la Rose (source BN)

ce sont les planètes et les signes du zodiaque

 

Chaque élément était dominé par une ou plusieurs planètes. Il fallait alors cueillir les plantes à des dates et même des heures précises en fonction de leurs planètes.

 

Chaque plante correspondait donc à un élément et chaque élément correspondait à une planète. Par déduction une plante correspondant à un élément, cueillie à la bonne date devait guérir l'organe malade.

 

signes de feu : Bélier, Lion et Sagittaire

signes d'air : Gémaux, Balance et Verseau

signes d'eau : Scorpion, Cancer et Poisson

signes de terre : taureau, Vierge et Capricorne

 

Pour en revenir à notre exemple, la Saxifrage granulée sera cueillie en Lion, fin Juillet à mi-Août, pour rééquilibrer le congestionnement de l'estomac.

« Homme zodiacal ». Johannes De Ketham, Fasciculus medicine, Venise, Jean et Grégoire de Gregoriis frères, 1495 (Bibliothèque générale de philosophie et lettres, incunable XV. B 56, fol. 8r).
« Homme zodiacal ». Johannes De Ketham, Fasciculus medicine, Venise, Jean et Grégoire de Gregoriis frères, 1495 (Bibliothèque générale de philosophie et lettres, incunable XV. B 56, fol. 8r).

« Homme zodiacal ». Johannes De Ketham, Fasciculus medicine, Venise, Jean et Grégoire de Gregoriis frères, 1495 (Bibliothèque générale de philosophie et lettres, incunable XV. B 56, fol. 8r).

ce sont les prières, rites et magie

On a vu que les remèdes étaient le plus souvent accompagnés d'incantations puis de prières au fil du temps.

Ce qui perdure dans l'activité des guérisseurs aujourd'hui pour obtenir les résultats attendus.

 

Ce n'est qu'au XVIème siècle que Paracelse, médecin en 1527, s'élèvera contre cette théorie des humeurs en voulant jeter au feu "les élucubrations livresque de Galien et d'Avicenne".

Pourtant il n'y parviendra pas complètement ...

Repost 0
29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 16:56

quelles-sont-les-origines-du-baiser_25670_w250.jpg

 

 

 

Quoi de plus naturel pour nous que de donner un baiser, mais d'où vient-il et le pratique-t-on partout de la même manière?

Je vous propose d'en voir l'histoire et de faire le tour de ses variantes. 

 

 

la Préhistoire et la Proto-histoire

 

Il n'y a pas de représentation rupestre de baiser, pas plus à la période sumérienne, mésopotamienne ou égyptienne.

 

Mais est-ce pour autant que le baiser n'existait pas?

 

Rien n'est moins sûr, en effet les récentes découvertes archologiques ont mis en évidence un squelette préhistorique atteint de graves lésions dentaires bien antérieures à sa mort ce qui implique que ses congénères mastiquaient les aliments pour lui et lui donnaient la "becquée", lèvres contre lèvres. Les enfants devaient d'ailleurs être nourris de même.

Les animaux, eux-même, se "bécotent" comme les singes ou les oiseaux, par exemple.

Cet acte de nourriture par pré-mâchage est un acte d'amour,lèvres contre lèvres, on prend soin de l'autre.

 

Chez les égyptiens pas de représentation du baiser, mais un doute subsiste grâce à une statue non terminée, les lèvres se touchaient-elles ? A votre avis ?

 

 

Sans titre

 

 

la Grèce

 

A cette époque, le baiser est une affaire d'homme, une affaire sociale.

Là nous retrouvons des traces écrites de l'existence du baiser, d'abord chez les auteurs comme Homère qui décrit Ulysse se faisant embrasser par ses esclaves, puis chez Xénophon dans ses "Mémorables" qui nous rapporte un propos de Socrate mettant les Grecs en garde contre les dangers du baiser d'un jeune et beau garçon. Il le compare à celui d'une tarentule qui reduit l'ainé à un esclave sans volonté ni sens critique.

Et enfin Priam supplie Achille en lui donnant un baiser de lui rendre le corps de son fils mort.

  

Nous avons aussi des représentations picturales de baiser entre hommes sur des vases, des urnes.

 

 

eraste-eromene-baiser-grece-antique

 

 

 

l'empire Romain

 

 

 Il y a une vraie culture du baiser et des auteurs comme Ovide et Catulle en font l'apologie.

A tel point qu'une loi a été nécessaire pour encadrer cette coutume et la définir comme sociale.

Chez les romains, le baiser se dit de 3 façons différentes en fonction de sa nature :  l'osculum pour un baiser d'amitié sur les joues, le basium pour un baiser affectueux sur les lèvres et le suavium pour un baiser amoureux et passionné. Le mot baiser vient d'ailleurs du "basium" latin.

On retrouve beaucoup de représentation de "basium" ou de "suavium" sur des mozaïques comme à Pompéi par exemple.

 

2897631651.2

 

 

Il n'en reste pas moins que le baiser social, entre hommes, marquant chez les Romains le fondement de l'égalité et du respect, sera très prisé et cela jusqu'au Moyen âge.

 

ME0000051995 1

 

 

Le Christianisme

 

Au temps de Jésus Christ, le baiser était courant et on en retrouve la trace dans la bible.

Le baiser était le signe de reconnaissance des premiers chrétiens et rappelait le baiser de paix donné pendant la messe.

Judas désigne Jésus Christ en lui donnant un baiser et Jésus lui-même embrasse ses disciples.

Le baiser est là un signe de reconnaissance ou d'encouragement.

 

Le baiser de Judas, (détail d'une fresque à Assise, Giovanni CIMABUE, v.1280)

Le baiser de Judas, (détail d'une fresque à Assise, Giovanni CIMABUE, v.1280)

au Moyen âge

 

On embrasse les pieds, la robe, la bague ou les mains d'un roi si on est sujet et les souliers d'un pape si on fait partie du clergé ; on se soumet à l'autorité de l'autre et par là-même on définit son rang social. Le baiser qui était jusqu'à lors un signe de respect ou de reconnaissance devient, au Moyen-âge, le signe du rang social et de la soumission.

D'autre part la majorité des hommes du Moyen-âge, ne sachant ni lire ni écrire, on scelle les contrats par une croix tracée que l'on embrasse pour montrer qu'on se soumet aux conditions du dit contrat. 

 

 

à la découverte du Baiser
à la découverte du Baiser

à la Renaissance

 

Le baiser perd son rôle social. En effet tout le monde reconnaît le pouvoir du Roi et le baiser de soumission devient obsolète.

Le baiser familial gagne du terrain ainsi que le baiser amoureux que l'on commence à voir sur des tableaux.

Carlo Saraceni-Venus et mars

Carlo Saraceni-Venus et mars

au XVIIème et XVIIIème siècle

 

C'est au XVIIème et XVIIIème siècle que l'adultère est considéré comme normal. Le libertinage est basé essentiellement sur des liaisons extra-conjugales et le jeu amoureux s'émancipe. Le baiser quant à lui est fougueux et promesse ou prélude au sexe mais le baiser profond reste encore un tabou. 

Fragonard
Fragonard

Fragonard

au XIXème siècle

 

Le baiser est encore prélude à l'amour fin XVIIIème et début XIXème, comme le montre ses gravures au temps des "Incroyables et des Merveilleuses" l'homme étant séduit par la fluidité moulante et la transparence des robes de ces dames.

le baiser est aussi compremettant qu'un rapport sexuel : certaines mères interdisent à leur fille d'embrasser de peur qu'elles ne tombent enceintes !!!

le baiser de Capucine par Bosco
le baiser de Capucine par Bosco

le baiser de Capucine par Bosco

Le XIXème siècle va au fur et à mesure contraindre la femme à la pudeur et au caché : on traque la nudité.

On soupire et on rêve d'amour pur, on est en plein romantisme.

La femme est drappée dans une aura de pureté alors que l'homme parle librement de ses escapades sexuelles au bordel. L'épouse fait l'amour "chaste" alors que la fille de joie est libérée et reçoit des baisers fougueux.

 

le baiser - Toulouse Lautrec

le baiser - Toulouse Lautrec

Mais à la fin du XIXème, à partir de 1860, la mécanisation, l'urbanisation, la modernisation et l'enrichissement vont mettre à mal la morale où sont enfermées les femmes. Le gaz puis l'électricité vont éclairer les couples.

L'érotisme fait son apparition dans la chambre conjugale de même que le flirt chez les jeunes gens qui se caressent et s'embrassent.

Le baiser devient enfin profond, il s'appelle alors baiser florentin, et c'est là que l'on introduit la langue dans la bouche du partenaire pour la première fois : érotisation maximale pour l'époque.  

Rodin

Rodin

au XXème siècle

 

Si le XIXème siècle est le siècle du baiser profond, il n'en reste pas moins le siècle de l'alcôve. On s'embrasse à pleine bouche, oui, mais en privé, à la maison, dans une chambre, une voiture, sous un porche ... en tous cas à l'abri des regards des passants.

Le XXème siècle, lui, est le siècle de la libéralisation du baiser

 

On s'embrasse , sur les quais de gare quand on part à la guerre par exemple, dans la rue comme nous le montre Doisneau ou encore sur les bancs publics comme dans la chanson de Georges Brassens,  .. partout et aux vues de tous.

 

 

à la découverte du Baiserà la découverte du Baiser

Les années 68 sont celles de la liberté sexuelle et le baiser perd de son importance : on fait l'amour et le baiser en est banalisé. Il reste un élément d'érotisation mais n'a plus la connotation de rapport sexuel.

Les mentalités ont évolué et embrasser n'est pas commettre un adultère comme au XVIIIème siècle. Un baiser profond n'est plus consiséré comme tromper, l'important n'est plus là ....

 

 

à la découverte du Baiser

L'évolution des moeurs va accessoiriser le baiser Le baiser on l'a vu n'engage à rien et a perdu sa connotation sexuelle, qu'à cela ne tienne, on va définir un baiser érotique par l'intermédiaire d'accessoires tels que les piercings On joue avec dans la bouche de l'autre et avec sa langue, c'est la promesse d'un autre plaisir plus intime

à la découverte du Baiser

 

 

Je pense avoir fait le tour de l'histoire du baiser en France et je vous propose maintenant de voir la place du baiser dans le monde

 

en Afrique

Peu de baiser en Afrique : beaucoup de tribus africaines pensent que l'âme de l'individu peut s'échapper par le souffle, donc on ne s'embrasse pas de peur de perdre son âme D'autre part la salive peut-être utilisée pour préparer des filtres magiques et donc ne se gaspille pas

Les traditions elles-même sont un obstacle au baiser : imaginez la femme Mursi en Ethiopie avec son plateau labial, impossible de lui donner un baiser De même chez les Pygmées qui se taillent les dents en pointes, le baiser risque d'être traumatique !!!

Chez les Tsongas, au Mozambique, le baiser est considéré comme extrèment sale et s'il est donné en public, il est puni de lapidation

à la découverte du Baiserà la découverte du Baiser

les pays du monde arabe

 

Les pays arabes ont eux aussi évolué ainsi on apprend dans les contes de mille et une nuit que les baisers existent et que l'échange de salive est des plus érotiques.

Le baiser de respect et de statut social existait aussi, il se pratique toujours par exemple au Maroc où le fils embrasse d'abord la main du père puis le sommet du crâne.

Cependant l'Islam actuel dispose d'une véritable règle en ce qui concerne l'érotisme, en effet il est enseigné que le rapport sexuel doit-être précédé de paroles saintes et si les caresses et baisers sont préconisés pour les couples, ils ne doivent pas être orientés dans la direction de la Mecque en ne s'adressent qu'aux époux, ils sont formellement interdits aux partenaires sans liens matrimoniaux.

Pendant le Ramadan il est interdit de donner des baisers car cela équivaudrait à rompre l'abstinence, en effet le baiser dénote le désir, il est alors impur.

 

 

en Chine

 

Dans la Chine ancienne les femmes respectables ne montraient pas leurs dents en public et le baiser était considéré comme un acte sexuel. Il ne se pratiquait que dans la chambre à coucher, même les prostituées n'embrassaient que dans leur alcôve.

Au fur et à mesure du temps le baiser n'est plus considéré comme sexuel et est même carrément abandonné par les chinois craignant bien plus les souillures buccales et la transmission des maladies.

 

au Japon

 

Le japon connaissait lui aussi le baiser dans les temps reculés comme on peut le constater sur les fameuses estampes japonaises. mais les temps là aussi ont changé et tout comme les chinois, les japonais craignent les transmissions buccales de maladies par les postillons  des autres et la pollution.

Il n'est pas facile de se donner un baiser avec un masque facial anti-pollution.

 

à la découverte du Baiser

en Inde

 

Personne n'a oublié que le fameux Kama Sutra, véritable bible de l'amour, a été rédigé en Inde entre le IVème et le VIIème siècle. Il décrit de façon très précise les différents baisers possibles : le baiser nominal où seules les lèvres se touchent, le baiser palpitant plus appuyé, le baiser touchant où la langue touche la lèvre, le combat de langues ....

De nos jours, et ce depuis Gandhi, le baiser est considéré comme extrèmement choquant et ne peut même plus être montré au cinéma ou à la télévision. C'est dans cet esprit qu'est né le cinéma Bollywood, largement populaire, ou les sentiments s'expriment par des regards ou des effleurements ou encore des chansons qui peuvent nous paraître "à l'eau de rose" mais jamais par des baisers.

à la découverte du Baiser

en Océanie

 

D' abord chez les Papous, en Nouvelle Guinée.

La bouche joue un grand rôle chez les Papous, ils la colorent souvent en rouge et se noircissent les dents avec du Bétel. Le baiser n'est pas un préliminaire sexuel mais fait partie de l'acte à part entière. On se mord, on se suce la langue, on échange sa salive lors de la relation sexuelle mais le summum de l'érotisme n'est pas dans le baiser, le must est pour l'homme de couper les cils de sa compagne avec les dents !

à la découverte du Baiser

Passons par Tahiti

Qui ne se souvient pas des "Révoltés du Bounty" où lors d'une escale on découvre un Tamouré envoutant, source d'excitation pour les Tahitiens, puis le baiser polynésien. Celui-ci consiste à se frotter le nez mutuellement, c'est le Hongi

 

à la découverte du Baiser

en Russie

 

En Russie, qu'on soit homme ou femme, on s'embrasse traditionnellemnt sur la bouche. Ce baiser est le signe d'entente cordiale, d'amitié et de convivialité.Ce baiser n'est pas intime mais social.

Le baiser fraternel de Leonid Brejnev et Erich Honecker lors du trentième anniversaire de la RDA (photographie de Régis Bossu, 1979)

Le baiser fraternel de Leonid Brejnev et Erich Honecker lors du trentième anniversaire de la RDA (photographie de Régis Bossu, 1979)

en Amérique

 

Ce sont les pionniers venus d'Europe qui ont importé le baiser en Amérique. Les américains ont adaopté très rapidement cette pratique qui a été démocratisé grâce au cinéma Hollywoodien. On s'embrasse beaucoup dans les films. Le baiser est voluptueux et fait rêver aux ébats qu'il suggère. Mais voilà, les Américains sont assez puritains et le baiser dans les lieux publics est rapide, celui des écrans est souvent simulé, sans la langue, aseptisé. Dans l'intimité le baiser est comme pour nous prélude à l'acte et sensuel.

Pour les manifestations d'amitié, les américains pratiquent très peu le baiser mais sont très friands de Hugs, ces accolades ou étreintes amicales qui ont très peu cours chez nous.

 

à la découverte du Baiser

chez les Inuits

 

L'Amérique ce n'est pas seulement les USA, c'est aussi le Canada et tout au nord l'Alaska, le territoire Inuit.

Si les Inuits se saluent en se tirant la langue, les amoureux ne s'embrassent pas sur la bouche. Les Inuits n' expriment pas leurs sentiments en public, sauf au sein d'un petit groupe de proches. 

Les femmes assouplissant les peaux avec leur bouche et se servant de leur langue comme d'une lingette à nettoyer, on comprend que le baiser esquimau ou Inuit consiste à se frotter délicatement le nez l'un contre l'autre et non à se mêler les langues qui doivent être un peu chargées !!!.

Malgré l'odeur de graisse de poisson rance dont ils s'enduissent, se humer est pour eux la plus exquise des invites.

à la découverte du Baiser

Je vous ai proposé un petit tour d'horizon du baiser, son histoire et comment on le pratique dans le monde.

Il faut reconnaître que si notre baiser à la française, notre "French Kiss" est célèbre dans le monde entier c'est sûrement parcequ'il est le plus sensuel et le plus érotique.

Le baiser sous toutes ses formes est important, il marque le début d'une relation, la rencontre sensuelle entre deux corps. Témoignage de tendresse par excellence, c'est aussi l'ingrédient indispensable des préliminaires amoureux.

Vous voulez le secret d'un baiser réussi ? Peu importe la technique du baiser, c'est avant tout la communication naturelle entre les deux partenaires qui, sans aucun mot, accordent leur rythme mais aussi il faut être à l'écoute des désirs de l'autre et enfin sa réussite dépend des sentiments que l'on met dans ce baiser.

Un baiser c'est dire "je t'aime" à l'autre.

 

 

Pour conclure, je citerai une phrase de Victor Hugo, tirée de la Légende des siècles :

 

" Qu'est-ce que ton baiser ?  - Un lèchement de flamme."

 

 

<:>

Repost 0
Published by fred37 - dans société
commenter cet article
14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 15:19

 

 

IMGP1096

 

 

Je vous propose un retour au Moyen-âge, après la cuisine, traitée dans un article précédent, voici une incursion dans les techniques de mesure au Moyen-âge.

 

Le Moyen-âge, comme on le sait est une période qui s'étend du Vème siècle au XVème siècle, donc sur une période de mille ans, et qui est caractérisée par une prépondérance de la religion.

Il s'agit d'une période ponctuée par des guerres, des épidémies mais aussi par des périodes de renouveau souvent consécutives à des réformes religieuses.

Dans ce contexte, les constructions défensives et religieuses prirent de l'importance. Les seigneurs firent construire des châteaux forts pour se défendre mais aussi pour le prestige qu'ils leur conféraient et les religieux firent édifier de nombreuses églises pour élever les âmes vers le ciel et se protéger ainsi des épidémies, considérées comme des châtiments pour âmes perdues.

On voit aussi apparaître des constructions de rachat de l'âme qui assuraient la voie du paradis après la mort, comme par exemple les Hospices de Beaune édifiée par Nicolas Rollin et sa femme Guigone de Salins.

 

« Moi, Nicolas Rolin, chevalier, citoyen d’Autun, seigneur d’Authume et chancelier de Bourgogne, en ce jour de dimanche, le 4 du mois d’août, en l’an de Seigneur 1443 ... dans l’intérêt de mon salut, désireux d’échanger contre des biens célestes, les biens temporels ... je fonde, et dote irrévocablement en la ville de Beaune, un hôpital pour les pauvres malades, avec une chapelle, en l’honneur de Dieu et de sa glorieuse mère ... »

 

Ces constructions ont traversé les époques jusqu'à nous mais les bâtisseurs du Moyen-âge ne disposaient pas de nos technologies précises pour entreprendre ces travaux : ils dessinaient, mesuraient, calculaient et vérifiaient les résultats.

L'exactitude n'est donc pas au centre des préoccupations des maîtres d'oeuvre, ce qui importait avant tout pour eux, c'était les proportions et l'harmonie.

 Que ce soit pour des constructions romanes ou gothiques, on retrouve cette même unité, chargée à la fois de symbolisme et d'esthétisme : la proportion.


 

Mais avec quoi mesurait-on au Moyen âge?

 

les instruments de mesure étaient simples d'utilisation, peu encombrants et surtout transportables partout. Ils étaient faciles à comprendre par tous même par les ouvriers ne sachant ni lire ni écrire.

 

 

Les unités de mesures.

 

Au Moyen âge, on comptait sur ses doigts et on se servait des parties de son corps. Donc à partir de cette pratique, il découle des unités de mesure aux noms explicites :

 

le pouce,  c'est la mesure de la largeur du pouce , soit environ 2,5 cm                         

  P5222250

 

 

la paume, c'est la largeur d'une main soit environ 7,5 cm = 3 pouces

 

 P5222249

 

 

la palme, espace entre le 2ème et 5ème doigt soit environ 12,5 cm

             = 1 palme + 2 pouces = 5 pouces


P5222254.JPG

 

 

l'empan, espace du pouce au 5ème doigt soit environ 20cm

            = 1 palme + 1 paume = 8 pouces


P5222248

 

 

le pied, mesure de sa longueur soit environ 32,5 cm = 1 palme + 1 empan

           = 13 pouces

 

P5222258.JPG

 

 

la coudée, longueur de l'avant-bras soit environ 52,5 cm = 1 empan+1 pied = 21 pouces

 

P5222247


 

Les maçons utilisent des mesures bien plus grandes telles que la toise soit 24 paumes.

 

Toutes ces mesures ont donc la même proportion : celle du maître d'oeuvre, mais leur longueur varie d'un maître d'oeuvre à l'autre, d'une ville à l'autre, d'une seigneurie à une autre, d'un royaume à l'autre. Ces unités ne dérivent pas d'un étalon invariable.

 

Ces mesures sont reportées sur la Pige qui est la règle médiévale

 

 

chantier6

                    Sur cette miniature, le maître d'oeuvre qui rencontre le seigneur tient sa pige à la main,                                        une autre est posée le long du bâtiment, près des tailleurs de pierre.

 

 

La pige est facile à transporter et chaque maçon, chaque tailleur de pierre peut à chaque instant prendre ou vérifier ses mesures, mais aussi contrôler la recitude de l'ouvrage.

 


La corde à 13 noeuds.

 

 

P5222253

 

 

Pour les constructions, les Egyptiens utilisaient déjà la corde à 13 noeuds.

On s'en sert toujours au Moyen-âge.

Cette corde est d'une longueur de 12 coudées et est constituée de 13 noeuds définissant 12 intervalles identiques.

Elle permet de définir une multitude de figures géométriques telles que le carré, le rectangle, le triangle, l'angle droit, les polygones et le cercle.

 

 

AvranchesmanuscritXIIpythagore-copie-1.jpg

 

 

L'emplacement au sol est défini et mesuré grâce à cette corde.

Les plans sont donc dessinés au sol, selon les principes de trigonométrie proportionnelle, puis sont reproduits exactement dans les mêmes proportions tant pour le gros oeuvre que pour les portes, fenêtres ou oviges.

 

Pour l'utiliser, on plante une pointe dans le sol, passant par l'anneau de l'extrémité de la corde, on dessine la forme voulue en bloquant les angles avec d'autres pointes et on passe le dernier noeud dans l'anneau de départ.


 

P5222252

 

 P5222251

 

 

Lorsque le tracé est réalisé au sol, on taille un gabarit ou mole : c'est une pièce de bois reprenant les mesures et la forme exactes de l'ouvrage à réaliser. Le bâtisseur peut alors emmener son gabarit partout sur le chantier.

 

 

tailleur pierre 1425

                                       Sur cette miniature, le tailleur de pierre dispose d'un gabarit posé au sol prêt de lui

 

Chaque construction nécessite des gabarits, mais il est probable que le maître tailleur de pierre emmenait ses moles de chantiers en chantiers pour les formes les plus fréquemment utilisées (frises, rosaces, linteaux).

 


L'équerre.

 

Au Moyen-âge, l'équerre est en métal, sans graduation. Elle est constituée de 2 branches perpendiculaires définissant un angle droit. Sa forme est simple.


 

chantier5

                       On peut voir, dans l'angle droit de cette miniature, un tailleur de pierre utilisant son equerre

 

Les tailleurs de pierre et les maçons du Moyen-âge utilisent l'équerre.

Les maçons l'utilisent pour contrôler l'angle de 2 murs.

Les tailleurs de pierre l'utilisent soit pour tracer ou vérifier un angle droit, elle devient une sorte de gabarit, soit à plat pour vérifier que la taille est bien plane.

Là aussi, l'équerre est déplaçable partout sur un chantier, mais contrairement à la pige sa taille est invariable.

 

 

 

L'archipendule.

 

 

L'archipendule est l'ancêtre de notre niveau. Suivant le principe de la gravité, il détermine l'horizontalité, l'aplomb d'une pierre, d'une pièce de bois, d'un mur.


 

image---Copie--2-.jpg

                            Sur le mur, un maçon utilise un archipendule pour vérifier l'horizontalité de son ouvrage.

 

L'archipendule peut avoir la forme d'un "T" renversé, comme sur la miniature ci-dessus, ou une forme triangulaire : le principe reste le même.

Il est constitué d'une ficelle fixée en haut du support et un plomb fixé en son extrémité. Une encoche est marquée au milieu du support de bois.


 

Fil à plomb

 


Quand on pose l'archipendule sur l'ouvrage, le fil à plomb doit se trouver parfaitement en face de l'encoche pour être sur un horizontal parfait. Si ce n'est pas le cas, le maçon du Moyen-âge devra à nouveau régler sa pierre pour obtenir une pose parfaite.

 

 

Le fil à plomb.

 

C'est un des plus vieux instrument de vérification, connu depuis l'antiquité, et encore utilisé de nos jours.

Il est très simplement, comme aujourd'hui, constitué d'une ficelle terminée par un plomb. Le poids du plomb, avec le principe de la gravité, détermine la verticalité naturelle.

 

 

 

construction de rome 2

                   Au premier plan, un maçon vérifie l'aplomb de son mur avec son fil à plomb

 

Le fil à plomb permet aux tailleurs de pierre médiévaux de vérifier si les pierres de leur ouvrage sont bien à la verticalité les unes des autres mais il peut aussi, sur de plus petites surfaces servir au traçage de lignes verticales.

 

 

Les cordeaux

 

Les cordeaux sont de simples ficelles que les maçons du Moyen âge utilisaient pour assurer à la fois la verticalité et l'horizontalité d'un mur.

Une fois tendus horizontalement sur la longueur du mur, les cordeaux délimitent la position des pierres et leur alignement.

 

 

220px-Seiler-1568

                                                      Fabrique de ficelles et de cordes

 

Les cordeaux peuvent aussi servir au marquage de lignes droites sur les pièces de bois avant leur coupe. Trempé dans une teinture, le cordeau de chanvre est fixé bien tendu sur la pièce et maintenu grâce à des pointeaux.

Il suffit alors de le soulever en son milieu et de le relâcher rapidement pour que le cordeau teinté laisse une trace colorée bien droite sur le bois qui servira de ligne de coupe.

 


Le compas

 

Les compas existent aussi depuis l'antiquité et sont très utilisés au Moyen âge car les courbes sont partout : tours, rosaces, arc en plein cintre ...

Ils sont en bois ou en métal, petits pour les plans ou très grands pour le report grandeur nature, avec ou sans "secteur".

 

Le "secteur" d'un compas est un quart de cercle fixé sur une des branches et qui coulisse à travers l'autre. Il permet le blocage du compas sur certaines ouvertures ou la lecture de graduations permettant de retrouver angles et proportions.

 

 

 

image---Copie.jpg

                                                     Ici, le maître d'oeuvre tient à la main un compas à secteur

 

 

Le plus répandu est le compas à charnière à pointe sèche, facteur de précision, il sert à tracer des cercles, des demi-cercles mais aussi à comparer et reporter des distances.

 

 

P5081684

                   Sur une maison à pans de bois de Dijon, un Compas à charnière

 

 

Le traçage

 

Mesurer, reporter les cotes, nécessitent des outils de traçage. Comme pour les mesures, les bâtisseurs du Moyen âge se servaient en priorité des éléments naturels à leur portée.

L'élément le plus souvent utilisé est le charbon de bois. Il est peu coûteux et les bâtisseurs s'en servent comme d'un fusain pour dessiner leur plan et tracer sur le bois, les pierres.

 

 

P5232265.JPG

 

 

 

Le marquage se fait aussi avec des pigments naturels comme l'ocre que l'on trouve en abondance.

L'ocre est obtenue grâce à l'oxyde de fer tiré de l'argile trouvée sur les chantiers et laisse un tracé rouge bien visible sur les pierres blanches comme sur le calcaire par exemple.

 

 

images--1-.jpg

 

 

Le traçage se réalise aussi grâce à des instruments plus élaborés comme les pointes à tracer. Elles sont en métal, avec une pointe très dure et les oeuvriers s'en servent comme d'un crayon : la pointe laisse un trait, ou une marque, incrusté sur le support de bois ou de pierre.


 

P5232264.JPG

 

 

 

 

Certains plans et certains relevés de cotes étaient réalisés à la mine de plomb mais cet usage était peu répandu et réservé à des maîtres d'oeuvre prestigieux, comme Villard de Honnecourt, car trop onéreux.

D'autre part ces mines de plomb étaient fragiles et donc difficile à utiliser sur un chantier.


 

41

                                            Extrait du cahier de relevé d'architecture, moles et rosaces, de Villard de Honnecourt

 

 

En conclusion, force est de constater qu'avec leurs instruments de mesure les bâtisseurs du moyen âge ont su faire de magnifiques réalisations : cathédrales et châteaux sont toujours là pour nous le rappeler !


 

mesure02

                   Cette enluminure résume bien tous les instruments de mesure du Moyen âge

 

 

Leurs instruments ont évolué et nous sont parvenus sous des formes un peu différentes et ont bénéficié de nos technologies avancées.

On ne parle plus de corde à 13 noeuds mais de lecteur d'angles électronique, le niveau laser a remplacé l'archipendule et le fil à plomb, le télémètre laser a supplanté la pige.


Pourtant nos réalisations actuelles traverseront-elles les siècles comme celles des bâtisseurs du Moyen âge ?

 

 

compas 7


Repost 1
22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 22:49

La petite culotte : histoire et évolutions


petite culotte - Copie

 

La culotte a longtemps été l'apanage des hommes, mais au fil du temps elle est devenue un accessoire exclusivement féminin. Au cours des siècles, l'hygiène des femmes a été négligée mais elles ont pu enfin conquérir le droit au confort. Aujourd'hui les hommes fantasment sur cet objet si érotique qui les rend fous : Quand le contenant devient aussi important que le contenu !!!

 

Je vais essayer de vous faire découvrir l'histoire de la petite culotte à travers les siècles et le combat des femmes pour avoir le "droit de porter culotte ".

 

Dans l'antiquité

La culotte était peu usitée dans l'antiquité. Les égyptiens portaient des pagnes, les grecs et les romains des tuniques. Les femmes de l'antiquité arboraient des robes longues et drapées. Les bas reliefs et les statues nous renseignent sur les sous-vêtements : ils n'existaient à priori pas. Cependant les romaines ne se baignaient pas nues et de très belles mozaïques, comme celles de la maison Casale en Sicile, nous font découvrir des "bikinis', prémices des petites culottes féminines, qui étaient en réalité des pièces de tissu drapées en forme de slip.

 

 

icvjm9

 

 

En gaule

Dans notre Gaule, on sait maintenant que les femmes gauloises avaient un statut plus important que la femme romaine. Elles géraient le foyer et leurs propres biens. Elles portaient jupe et tunique et arboraient bijoux en temps de paix.

Cependant en temps de guerre, elles étaient de redoutables guerrières et empruntaient sans problème les vêtements masculins, des culottes longues resserrées aux chevilles : les braies.

Il en allait de même pour les femmes goths et les femmes Vikings.

 

 

SDC15234

 

 

Au Moyen-âge

C'est à cette époque que commence réellement l'histoire de la petite culotte.

Les hommes ont à cette époque cherché à distinguer leur costume de celui de la femme. Ils choisirent les culottes, plus ou moins longues et interdirent à leur femme de porter ce genre de linge.

La femme médiévale ne pouvait se couvrir le sexe d'une pièce de tissu, drapée comme les romaines, uniquement dans les périodes de règle. La pièce de tissu était blanche pour raison d'hygiène.

C'est à cette époque qu'est apparue l'expression "porter la culotte", c'est à dire être l'égale de l'homme.

Les femmes auraient bien voulu continuer à porter parfois la culotte mais les hommes leur refusaient catégoriquement par peur de perdre leur pouvoir de domination. On retrouve des preuves multiples de ce combat pour la culotte par exemple dans ce sermon du XIIIème siècle :  « Le monde n’est plus ce qu’il était. Jadis, l’épouse était fidèle à son époux et paisible auprès de lui comme une brebis ; aujourd’hui ce sont des lionnes. Bien plus, elles veulent porter la culotte ».

 

Au XVIème siècle

Les femmes vont toujours nues sous leurs robes mais à la fin du XVIème siècle, c'est Catherine de Médicis qui réussit à introduire un caleçon féminin appelé "bride à fesses" pour monter à cheval. Mais les protestants ont tôt fait de restaurer des costumes stricts, sombres et austères.

Des chemises "chrétiennes" trouées au niveau du sexe, pour faciliter la procréation, remplacent alors le caleçon féminin.

 

 

N8400856 JPEG 1 1DM

 

 

 

Au XVIIème siècle 

 

Au XVIIème siècle, les femmes ne portent toujours rien sous leurs robes. Pas de culottes !!!

On en a la preuve avec l'utilisation du Bourdaloue, pot de chambre portable, adapté à la morphologie féminine, que l'on glissait sous la robe à paniers pour se soulager.

On a aussi la trace d'anecdotes truculentes rapportant des coups de vent ou des chutes de cheval mémorables comme celle de Madame de Lafayette qui, découvrant son intimité, a bien fait rire Louis XIV. 

 

 

 

chute_de_cheval.jpg

.

 

 

Au XVIIIème siècle

Au XVIIIème siècle, la culotte féminine réapparait mais elle est strictement réservée aux femmes de petites vertus : catins des rues ou aristocrates frivoles.

D'autre part une ordonnance du lieutenant de police imposait à cette époque aux filles de l'opéra le port d'un caleçon lors de leurs représentations pour une question de décence.

On pensait alors que porter des sous-vêtements enserrant le corps était vulgaire mais aussi très peu hygiénique. Les médecins disaient que le sexe avait besoin d'air pour ne pas développer de maladies.

Mis à part les femmes de petites vertus, on tolérait le port de sous-vêtements pour les vieilles femmes et les fillettes.

Pour toutes les autres, femmes honnêtes, c'est toujours le port de la chemise longue cachant les parties intimes qui était recommandé avec jupons agrémentés de dentelle d'Alençon pour les plus aisées.

 

 

 

22608330

                                                                                                             François Boucher

 

 

Au Directoire

C'est à cette époque que se joue une étape décisive dans l'histoire de la petite culotte. En effet la mode change, finies les robes à paniers, les femmes commencent à mouler leur corps dans des vêtements fluides et couleur pastel, ce sont les Merveilleuses. La fluidité laissant trop deviner l'intimité de ces dames, le port de la culotte devient nécessaire au respect de la pudeur.


 

 

boily_Point_de_Convention---Copie.jpg

 


Ceci est cependant très mal accepté par le monde masculin d'après la Révolution, comme en témoigne cette image d'Epinal .... 


 

Epinal culotte

 

 

 

Au XIXème siècle

Les femmes commencent à porter des culottes en guise de sous-vêtements. Ce sous-vêtement est dérivé du pantalon de coton que portent déjà les petites filles, mais c'est une culotte plus courte, couvrant bien les cuisses pour des raisons d'hygiène et de décence.

Les hommes cependant continuent de réglementer le port de la culotte féminine. Les préfectures de police imposent des règles aux femmes, la culotte féminine est tolérée pour les bains de mer et la bicyclette.

Certaines femmes en prennent le contre-pied et affirment leur émancipation en portant même des culottes longues masculines telles Colette ou George Sand.

Les femmes ont amorcé leur désir d'indépendance face aux hommes et cela passe par le port de la culotte symbole de la supériorité masculine  : le monde évolue.

 

satire-amelia-bloomer

 

 

Si les activités sportives rendent le port de la culotte incontournable, les femmes moins téméraires de la société se l'approprient aussi. Elles portent sous leur crinoline des culottes arrivant aux genoux, en coton, décorées de dentelle, le plus souvent blanches.

 

 

calecon-long-1870-801

 

 

"Les pantalons de lingerie" se racourcissent au fil du temps pour arriver à mi- cuisse, ils peuvent être fermés mais le plus souvent fendus pour permettre la miction et les rapport sexuels.

 

 

Dessous-p102-103-thumb-500x339

 

 

 En 1930

Les vêtements féminins redeviennent plus moulants et "les culottes de lingerie" ne sont plus pratiques à porter, elles vont être raccourcies et plus près du corps. Elles prennent la forme de short et s'appellent dorénavant culottes.

Pierre Valton, qui a créé la marque "Petit Bateau", invente la petite culotte moderne en jersey de coton, avec des élastiques à la taille, qui reçoit en 1937 le Grand Prix à l'Exposition Internationale de Paris. Pourtant certaines femmes continueront à porter des culottes plus longues jusqu'à la seconde guerre mondiale.

 

 

 

1948-MadameetPirelli-copie-1.jpg

 

 

 

En 1950

C'est à cette époque que la vraie culotte de coton connait un engouement aussi fort que le pantalon, que les femmes adoptent avec frénésie.

Les marques proposent toutes leurs modèles, leurs tissus et les culottes deviennent alors un objet de séduction reléguant au placard la culotte de grand'mère.


 

jil

 

 

Je peux vous faire partager ma propre histoire et le témoignage photographique de ce que je portais dans les années 50, j'étais alors une toute petite fille ....


 

P3210931

 

 

 

En 1960

Les sous-vêtements en 1960 se déclinent dans des textiles et des couleurs très variés avec l'arrivée des synthétiques.

Le bikini arrive sur les plages et les culottes découvrent de plus en plus hanches et fesses.  

 

 

1964

                                           extrait d'un film de 1964

 

 

En 1969, le panty fait son apparition. il couvre le haut des cuisses, est en dentelle synthétique et de couleur pastel. Je ne déroge pas à la règle .....

 

 

 

P3210937P3210939

P3210938

 

 

 

 En 1970

Les sous-vêtements changent de nom, ce ne sont plus des culottes mais des slips. Ils sont petits, couvrent le sexe et les fesses à minima. Ils sont de plus en plus objets de fantasmes. Je pense que vous tous, lecteurs, vous souvenez du film "Emmanuelle" ou bien encore des photos de David Hamilton.

 

 

david hamilton 

 

 

 

En ce qui me concerne, j'ai beaucoup aimé cette période où l'érotisme se révélait au travers de flou artistique et de fines dentelles....

 

 

P3210940P3210943

P3210942

 

 

 

En 1980

Les slips sont de plus en plus petits et apparait le string. Il est rapidement adopté car très discret sous les vêtements mais tellement sexy !


 

String-115836 XL-copie-1

 

 

 

En 1990

Le string évolue et une de ses alternatives est le tanga, dégageant largement les hanches et décorant délicatement les fesses d'un liseré de dentelle.

Adopté aussi du fait des longues jambes qu'il dessine et de l'effet sexy qu'il procure, il est avec le string la plus grosse vente, en volume, de sous-vêtements en France.

 

string-femme-un-must-de-la-lingerie-fine-3770462tanga-chantelle-bleu-et-dentelle-3384

 

 

En 2000

L'évolution continue et la mode nous offre des slips un peu plus couvrants mais très près du corps, qui laissent voir la rondeur des fesses pour le plus grand plaisir de ces messieurs : le boxer et le shorty.

Très prisés par les adolescentes et les jeunes filles, ils le sont moins par les femmes car ils ne supportent pas l'imperfection des fesses. 

 

 

 

string-culotte-shorty

 

 

 

Depuis 2000

La nouveauté réside surtout dans les couleurs flashy qui sont apparues mais quelque soit le modèle choisi, la petite culotte n'a plus de rôle hygiénique pur mais est devenu un objet de séduction à part entière.


 

 

Photo0113  

 

 

 

En résumé

Le sous-vêtement a bien été un enjeu entre les sexes et son histoire, une lutte pour le pouvoir et l'indépendance.

 

 

 

evolution culotte2

 

 

Le parcours a été long pour que la femme puisse enfin porter la culotte et cela se superpose avec son ascension dans la vie sociale et politique. C'est pour cela que l'histoire de la culotte féminine est importante.

Au XXIème siècle la femme est indépendante et libre de porter ce qu'elle veut, et l'on voit fleurir, au liseré de jeans moulants, des strings de toutes les couleurs qui ne choquent plus personne.

Que de chemin parcouru grâce à un si petit bout de tissu !!! 


 

1148787180 92bcd41b2c

Repost 0
Published by fred37 - dans société
commenter cet article
17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 15:30

 

Amour, engagement,alliance ...


Les beaux jours reviennent et avec eux l'envie de convoler. Alors quels sont les symboles liés au mariage et d'où viennent ces traditions ?

Je vais essayer de vous en faire un résumé et ainsi j'espère répondre à vos questions de façon précise.


 

mariage 2

 

 

 

Qu'est-ce que le mariage et comment le définir?

 

- Pour Wiki :

Le mariage est le mode d'organisation de la conjugalité le plus ancien et le plus universel. Selon les pays et les époques, il se contracte — ou se défait — de manière rituelle, juridique ou religieuse, encadre les règles de fonctionnement du couple marié et fournit un cadre social et légal au développement de la famille.

Le mariage a également généralement des effets patrimoniaux et crée des liens variables entre les familles respectives des époux, ce qui en a aussi fait une manière d'établir des alliances entre tribus ou familles, de sceller une alliance ou la paix, de réclamer une position de pouvoir ou d'obtenir un capital (dot).

 

- Pour moi :

C'est avant tout la concrétisation d'un amour, le désir de fonder une Famille au sens large du terme, avec une notion d'engagement réfléchi, solennel, indéfectible.

Un voyage à deux jusqu'au bout du chemin ...

 

 

La mariée


mariee.jpg

 

 

Avez vous remarqué que la mariée se tient traditionnellement à gauche de son futur époux pendant les différentes étapes de la journée? Cette tradition est ancienne et découle de l'époque où l'homme qui choisissait une femme, l'enlevait et devait parfois se bettre contre les hommes de la famille de sa future ou bien contre d'autres prétendants. Il y a bien évidemment plus de droitiers que de gauchers et donc, tenant sa femme de la main gauche, il pouvait librement prendre son épée de la main droite et combattre.

 

Pourquoi le marié porte-t-il son épouse pour entrer dans la maison ?

Chez les Romains,une légende voulait que toute femme qui trébuchait en entrant pour la première fois au foyer conjugal, verrait son mariage courir à la catastrophe. Porter la mariée permet d'éviter cet incident et conjure ainsi le mauvais sort.

 

La bague

alliance-4.jpg
La bague de fiancaille est différente de la bague de mariage, l'alliance. La bague de fiancaille est une promesse, l'alliance une union.
L'origine de l'alliance remonte à la nuit des temps, déjà les Egyptiens, les Hébreux, les Grecs et les Romains échangeaient des alliances.
Au Moyen âge, on échangeait de simples anneaux.
Pourquoi à l'annulaire gauche?
On portait l'anneau à gauche car on pensait qu'une veine la "Vena Amoris", veine de l'amour, reliait directement ce doigt au coeur et l'enserrait magiquement. On croyait que si l'on ne respectait pas son engagement, la magie opérant, le coeur s"arrêtait.
En réalité il semble plus probable que la main gauche soit la moins soumise aux travaux et donc l'anneau moins gênant.
De même on rapporte qu'au XVIIème siècle, lors d'un mariage chrétien, le prêtre qui officiait a pris la main gauche et a compté 3 doigts, le Père, le Fils et le Saint Esprit, puis a glissé l'anneau au 4ème doigt, l"annulaire. Cela me semble plus crédible.
Pourquoi l'appelle t-on Alliance?
Au début la bague de fiancaille et l'anneau nuptial ne font qu'un et ne sont, comme nous l'avons vu, que de simple anneau.
La première femme qui arbore un anneau de promesse orné d'un diamant, est Agnès Sorel (1422-1450). Or on le sait, elle était la favorite de Charles VII et non son épouse.
Dès lors la bague de fiancaille et l'anneau nuptial sont deux bagues distinctes.
L'archiduc Maximilien de Habsbourg offrit à Marie de Bourgogne en 1477, une bague de fiancaille richement ornée de diamants pour leurs fiancailles et un anneau d'or avec un message poétique gravé à l'intérieur pour son mariage.
L'anneau nuptial prend alors le nom d'alliance.
Lors d'alliance entre 2 souverains, on offrait aussi un anneau pour sceller celle-ci et le mariage scellait l'alliance entre 2  êtres mais aussi entre 2 familles.
Depuis l'alliance scelle l'union de 2 personnes pour la vie, pour le meilleur et pour le pire.
Les 4 éléments

tradition-mariage-2
Au jour de son mariage, la mariée peut respecter cette tradition qui nous vient de l'Angleterre de la fin du XIXème siècle. Cette tradition veut qu'elle porte pour un mariage réussi 4 éléments au choix, cela peut être un vêtement, un bijou, un accessoire, un tissu ...
Quelque soit son choix, ces 4 éléments doivent correspondre à des critères précis :
- un des éléments doit être ancien : il caractérise le lien familial de la mariée et sa vie jusqu'au mariage. Pour cela, c'est souvent un bijou de famille ancien 
- un autre doit être neuf : Il caractérise la réussite et le succès pour la vie à venir. Pour cela, c'est souvent la robe de mariée
- un autre doit être emprunté : Il caractérise la chance et le bonheur pour le couple de futurs mariés. Pour cela, c'est souvent un accessoire ayant déjà été porté, le jour de son mariage, par une mariée heureuse et comblée
- un autre doit être bleu : Il caractérise la fidélité et la pureté dans le couple. Pour cela, c'est souvent un accessoire discret (mouchoir,…)


La robe


 

robe

 

Au temps des Romains, la promise était vêtue d'un robe blanche et portait une couronne de fleurs d'oranger. Au moyen-âge, on portait tout simplement sa plus belle robe, souvent de couleur rouge, la garance étant le colorant qui résistait le mieux à l'eau, l'air et la lumière.

A la Renaissance seule les épouses de famille riche portaient des robes blanches recouvertes de bijoux, les autres mariées portaient des couleurs, même du noir.

Au XIXème siècle,, sous l'influence de l'église, les femmes réaffirment leur virginité et reviennent au blanc originel, symbole de pureté.
Il faut attendre les années 90 pour voir réapparaître des robes de couleur, d'abord ornées de discètes fleurs colorées, puis le rouge, le parme et le brun.
Longtemps on déconseillait à la mariée de coudre elle-même sa robe ou de se regarder dans un miroir en l'essayant car la superstition voulait que cela porte malheur.
Le voile


voile2.jpg
Il fut une époque ancienne ou l'homme qui voulait femme, jetait un drap sur celle qu'il avait choisi, l'enlevant quelques fois.
Cette coutume se serait transformée au temps des mariages arrangés, l'épousée arrivant voilée jusqu'à l'autel pour masquer son visage jusqu'à l'engagement officiel : les critères physiques ne devaient pas entrer en ligne de compte pour le mariage.
De nos jours, certaines arrivent encore "voilées" jusqu'à l'autel et se découvre après la remise des anneaux lorsqu'il est dit : 'vous pouvez embrasser la mariée'. Cependant le voile est en tulle et donc laisse deviner le visage de la future épouse.
Après la cérémonie, il est d'usage que la mariée découpe son voile de tulle en rubans et les distribue aux femmes non encore mariées, en gage d'union prochaine.
Si la mariée porte un voile court, les dragées seront disposées dans de petits sachets de tulle rappelant le voile de la mariée dans le même but.
Les dragées


dragées
Cette tradition n'est pas liée à la religion. 
Dans la Grèce antique on s'offrait déjà des amandes trempées dans du miel lors de grands repas de fête. 
Une légende veut qu'un jeune grec devait épouser une jeune femme dont il était éperdûment amoureux. Le père du jeune homme vint à mourir et celui-ci dût repartir pour Athènes promettant à sa future épouse de revenir très vite pour consacrer leur union. Malheureusement les funérailles prirent du temps et le jeune homme ne revint que 3 mois plus tard. La jeune femme, sûre qu'il l'avait délaissée, éperdue de chagrin, s'était pendue.
Les dieux, émus par tant d'amour, la transformèrent en amandier qui se mit à fleurir quand le jeune homme lui offrit son amour éternel.
Les dragées sont une garantie d'amour éternel et de fécondité.

 

Le bouquet

 

 

histo globe

 

Les bouquets non plus ne sont pas reliés à la religion. Leur origine remonterait aux croisades où les chevaliers rapportèrent la tradition selon laquelle la future épousée fabriquait elle-même un bouquet de fleurs d'oranger, symbole de pureté.

De 1850 à 1914, on se devait de conserver son bouquet de mariée sous un globe toute la durée du mariage.

Aujourd'hui la mariée choisit, le plus souvent, son bouquet en fonction de sa tenue.

 

Peux t-on utiliser toutes les fleurs pour le bouquet?

Beaucoup de mariée respecte le langage des fleurs pour  le choix de leur bouquet : rose rouge pour l'amour, rose blanche pour l'amour pur, tulipe pour l'amour parfait, oeillet pour l'amour sincère, le lys pour la pureté et l'azalée pour la joie d'aimer.

A contrario on doit éviter la rose jaune synonyme d'infidélité, le narcisse pour la froideur et violette symbole d'amour secret. 

 

La jarretière

 

jarretiere.jpg

 

 

Symbole de pouvoir chamanique, la jarretière remonte peut-être à l'époque paléolithique. En effet sur certaines peintures rupestres, on voit des danseuses qui portent des jarretières que l'on associe à des pouvoirs magiques.

En fait, la jarretière symbolise le mystère et surtout la virginité. Chez les Hébreux, le bleu et le blanc étaient symbole d'amour, de pureté et de fidélité, on incitait donc les mariées à porter une jarretière à ces couleurs.

Au Moyen âge, elle servait, de façon plus terre à terre, à tenir les chaussettes. A la Renaissance elle prend une tournure plus érotique. Et au XIV ème siècle, alors que le roi d'Angleterre Edward III dansait avec la comtesse de Salisbury, celle-ci perdit la sienne sur le sol, le roi la ramassa et la positionna au-dessus de son genou gauche. Cette jarretière bleue devint l'Ordre de la jarretière, le plus important ordre de la chevalerie britannique et l'un des plus prestigieux au monde. Il est considéré comme la récompense la plus élevée pour la fidélité et le mérite militaire. Fidélité toujours....

De nos jours, la jarretière de la mariée est "mise en vente" pour apporter une participation aux frais du voyage de noce le plus souvent. Pourtant cette tradition tend. à disparaître, les jeunes couples préférant mettre une urne comme cadeau de noce pour faire un voyage de rêve.


Le lancer de riz

 

riz.jpg

 

C'est un symbole de prospérité et de fertilité. L'origine est un très ancien rite païen, lors des épousailles on jetait sur les jeunes mariés des graines lors conférant automatiquement leur force et surtout leur fécondité.

Aujourd'hui on jette plutôt des confettis ou des pétales pour un effet esthétique.

 

Le trousseau


 

SDC10528.JPG

 

 

A la Belle époque, on exposait "la corbeille de noces" avec argenterie et bijoux.

Jusqu'au année 60 il était normal que la mariée fournisse la chambre, c'est à dire l'armoire et les chevets ainsi que la garniture alors que la mari devait fournir le bois du lit.

Aujourd'hui le trousseau n'a plus lieu d'être, la liste de mariage l'ayant remplacée.

 

 

Voilà, j'ai essayé d'être concise et précise pour traiter ce sujet qui fait rêver tant de jeunes filles : faire un beau mariage.

Au delà des symboles n'oublions pas que le plus important c'est l'amour et ses valeurs.

 

coeur.jpg

Repost 0
Published by fred37 - dans société
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de fred37
  • Le blog de fred37
  • : Un blog pour partager.J'ai eu envie de faire connaître mes émotions, mes coups de coeurs pour l'art sous toutes ses formes mais aussi toutes les visites, expositions et voyages qui ont su me toucher. Je vous en propose des photos, merci de me contacter pour l'utilisation de celles-ci.
  • Contact

Profil

  • fred37
  • Très curieuse des gens,leur histoire et leur culture,j'apprécie l'art mais aussi tous ces petits moments de bonheur qui font que la vie vaut d'être vécue. Entre dynamisme et hyper sensibilité, je profite de tout et vogue à travers le temps...
  • Très curieuse des gens,leur histoire et leur culture,j'apprécie l'art mais aussi tous ces petits moments de bonheur qui font que la vie vaut d'être vécue. Entre dynamisme et hyper sensibilité, je profite de tout et vogue à travers le temps...

Recherche

Catégories

Liens