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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 23:30

 

 

 

 

L'un des éléments essentiels du patrimoine tourangeau est la Soie, qui, depuis la création de la première "fabrique" à Tours en 1470 a largement contribué au rayonnement de cette province en France et dans le monde entier.


Histoire de la Soie

 

 

 

La découverte de la soie et du tissage se perd dans la nuit des temps. Les premiers essais de sériciculture et de tissage datent de 1800 avant Jésus Christ en Chine. L'épouse de l'empereur Jaune prend le thé sous un mûrier. Une petite boule blanche tombe dans sa tasse ; l'impératrice en tire un long fil souple et brillant : la Soie.
La soie constitue le premier élément d'échange entre la Chine et ses voisins. Son commerce permet le maintien de la paix et par trocs successifs, la soie devient très recherchée jusqu'au 1er siècle avant Jésus Christ.


au VIème siècle, deux moines rapportent à Byzance des oeufs de Bombyx du mûrier

 

 

au VIIIème siècle les Maures introduisent de riches étoffes en Espagne où s'implantent bientôt d'importantes manufactures comme à Valence, Tolède, Grenade ou Séville

Les Croisades du IXè au XIIè siècle sont le point de départ d'une très importante importation

Du XIIIè au XVè siècle, de grandes villes italiennes comme Venise ou Florence s'érigent
en centres indépendants

Au XVème siècle, Lyon devient un important centre de commerce de soieries italiennes

 

 

 

en 1470, Louis XI qui a fait de la Touraine sa terre d'élection, implante à Tours cette manufacture que Lyon a refusé. Grâce à l'habileté de 16 anciens lyonnais cette nouvelle industrie prospère rapidement.

Croissance et apogée : elle correspond à la première moitié du XVIème siècle. François Ier  fait connaître son apogée à la soierie tourangelle, la Cour a un très grand goût des riches étoffes.

au milieu du XVIème siècle, 400 à 500 ateliers de "soyeux" sont en activité et 40 000 personnes vivent de la soie à T ours.

la fin du règne de François Ier et les guerres de religion vont marquer le début d'un premier déclin de l'industrie tourangelle.

en 1536, François Ier créée la première manufacture de Soie à Lyon. Tours n'a donc plus le monopole de cette industrie et Lyon lui impose rapidement une rude concurrence. La Cour s'éloigne de la Touraine.

puis les guerres de Religion dévastent le pays.

sous Henri IV, en 1589, la soie connaît une nouvelle période faste avec la plantation de nombreux mûriers près de Tours et en particulier place Plumereau en face de l'actuel café le Vieux Mûrier !

avec Louis XIV la Cour étant à Versailles, nouveau déclin pour Tours.

du XVIIIème au XXème siècle, l'industrie de la Soie connaît des périodes successives de prospérité (sous Louis XV, elle devient "manufacture Royale de velours et de Damas  façon Gênes) et de déclin (sous l'empire, Napoléon Ier préfère confier ses commandes à Lyon).

L'utilisation de la mécanique Jacquard va cependant redonner à Tours un certain prestige.

Malgré tout cela Tours finit par céder à Lyon sa place de capitale de la soie.


Actuellement, 2 manufactures de soierie d'ameublement sont encore en activité à Tours, les tissages Jean Roze et la manufacture des Trois-Tours G. Le Manach.

Histoire du ver à Soie

Le Bombyx du mûrier est un papillon blanc nocturne. La femelle après fécondation pond environ 500 oeufs en été qui éclosent au printemps suivant pour devenir larves. De couleur noire, le ver mesure 2mm. Pendant les 4 premières semaines, la larve se nourrit nuit et jour de feuilles fraîches de mûriers ce qui entraîne une croissance prodigieuse : sa longueur est multipliée par 30 et son poids par 10 000.



Au bout d'un mois, après 4 mues, la chenille atteint l'âge adulte.
Lorsque le ver est prêt à donner sa soie, il perd l'appétit et commence la fabrication du cocon qui dure environ 3 jours toujours en tournant sur lui-même, décrivant un parcours en forme de "8". Il bave 800 à 1500 m d'un fil de soie continu ( le seul fourni par la nature) constitué de 2 brins accolés, secrétés par les 2 glandes sericigènes. Ce fil peut supporter un poids de 45 kg.
Le ver à soie subit alors une métamorphose pendant 15 à 20 jours, ils sont alors étouffés à la chaleur ce qui évite la sortie des papillons, ce qui briserait le fil de soie.
L'élévage des des cocons se fait dans les magnaneries, à Rochecorbon, Athée sur Cher ... et ce, jusqu'au XIXème siècle.


Pour dévider les fils de soie, la fileuse remue et agite les cocons dans l'eau bouillante. Les fils sont conduits au dévidoir qu'actionne le tourneur.

Après avoir été nettoyés et séparés avec du savon et de l'eau bouillante, les fils sont teints.





Le transfusage remet en bon ordre les fils emmêlés lors de l'opération de teinture.



Les fils sont enroulés sur des bobines, des tubes ou des cônes. C'est le dévidage. Ces bobines servent à la préparation de la chaîne
.



L'ourdissage consiste à former la chaîne d'un tissu (fils verticaux)en lui donnant sa longueur et sa largeur définitive. Ce travail s'effectue par portée de 80 fils.



Le canetage est la mise en canette qui est placée à l'intérieur des navettes serviront à réaliser la trame (fils horizontaux)


La façon dont s'entrecroisent les fils de chaîne et de trame s'appelle l'armure.

Les métiers à tisser

Le premier métier à tisser, le métier de Plain, permettait la fabrication de tissus unis uniquement.


Puis apparut le métier à la Tire, muni d'un système complexe de cordes, permettant de lever les fils de chaîne pour permettre le passage de la navette.


La mécanique Jacquard
, au XVIIIème siècle, remplace le système dit à la Tire. Il réunit 2 inventions : un système d'aiguilles et de crochets pour lever les fils de chaîne et l'utilisation de cartes perforées pour sélectionner les fils de chaîne à lever.



Le métier Jacquard

Avant de tisser, il faut définir l'armure de fond et concevoir le dessin.
Le dessinateur prépare l'esquisse aux dimensions exactes de celles que doit avoir le motif du tissu. Puis on peint sur un papier quadrillé cette esquisse, chaque rangée verticale représentant un fil de chaîne et chaque rangée horizontale, un fil de trame.
On reporte les couleurs exactes : c'est la mise en carte.

Le lisage consiste à fabriquer les jeux de cartons qui seront mis sur le métier

Le piquage est la fabrication des cartons perforés représentant le dessin, un carton correspond à coup de trame.


Chaque carton étant indépendant, une opération supplémentaire est nécessaire, l'enlaçage. Les cartons sont ainsi placés les uns à la suite des autres dans l'ordre du dessin à réaliser à l'aide de lacettes.



Le métier peut alors fonctionner et faire résonner son cliquetis, en voici un exemple. Cliquez sur le lien suivant, mettez le son, fermez les yeux et imaginez-vous dans un atelier au XVIIIème siècle avec 20 métiers comme celui-ci .....

 

A partir de ces métiers, la maison Le Manach à Tours compte une centaine de références de soiries suivies en stock et celle des imprimés en compte environ deux cents.

On y trouve des Damas, tissus dont le décor présente un aspect mat se détachant sur un fond brillant, des Brocatelles, tissus des tentures murales de la Renaissance,caractérisés par des effets de décor  en satin se détachant sur un fond de sergé.

damas-brocatelle

Mais aussi des Gros de Tours, armures dérivées du taffetas, des Brochés, des Lampas, soieries façonnées fond de satin à grands dessins et des Brocarts, soieries façonnées la plus riche comportant des fils d'or et d'argent.


 

 
soierie 4


Lieu plein de charme, patrimoine incontournable de l'histoire tourangelle, manifestons notre soutien à Olivier Biosse Duplan, arrière petit fils du fondateur de la manufacture G. Le Manach pour son projet de musée des arts et techniques de la Soie à Tours.


Copie-de-image0048-copie-1.jpg

 

 

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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 13:58






De tous les thèmes abordés en poésie, le corps de la femme est un des plus chantés.

Pourtant en tant que femme il est très difficile de s'y retrouver ... La poésie doit permettre à chacune de se reconnaître ou de ressentir les émotions que l'auteur a voulu transmettre et ce n'est pas évident.

Moi j'ai trouvé par hasard ce poème en surfant, il a été publié par un inconnu à mes yeux nommé Jean-Marc et j'ai eu envie de vous le faire partager ......





Magnifique poème, où la femme est tantôt mystérieuse et tantôt féline, sensible et sensuelle..... nous quoi !!!
Vers écrit par un homme qui sait regarder les femmes et au-delà. Bravo .



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Published by fred37 - dans poésie
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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 12:03



Pour cette année 2009, Chaumont sur Loire a choisi pour son festival le thème "Jardins de Couleurs".
Qu'elle soit abordée selon des considérations philosophiques, religieuses, symboliques ou scientifiques, éclatante ou subtile, la couleur constistue un élément incontournable de nos jardins et de notre vie.

Je vous propose une visite de ces "Jardins de Couleurs", cette balade n'est pas exhaustive mais se fait au gré des tableaux, des nuances et de la poésie qui m'ont le plus touchée.


Jardin 4: la Couleur des éléments

Promenade extérieure, longeant un jardin très graphique jouant sur l'intensité du rouge des végétaux, contrastant avec leurs contenants blancs et le mouvement de l'eau glissant le long des murets de pierres sèches.




Jardin 8:
Voyelles

Inspiré du célèbre poème d’Arthur Rimbaud « Voyelles », ce  jardin entraîne le visiteur dans une atmosphère onirique où métaphores et réminiscences de vers ponctuent la promenade et ressuscitent les couleurs et les mots qu’elles charrient.
Mots en suspens, significations cachées, couleurs subtiles, floraisons vaporeuses contribuent au charme et au mystère de ce jardin littéraire et intemporel.

[A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu: voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes:...]


[...A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,
Golfes d’ombre;...]


[...E, candeur des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles; ...]


[...I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes; ...]

Et si le jardin qui m’entoure n’était qu’un prétexte à la lecture poétique ?
Il met en scène des vers, il les transpose en atmosphères, en images, en odeurs.
Tout comme, dans un poème, les mots se font écho, certains termes reviennent, suspendus et flottants, au-dessus de ma tête, réminiscences éloignées des vers précédents.

[...U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux; ...]


Je me penche par curiosité et je découvre, gravé sur un miroir au fond de l’eau :

[...O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges:
- O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux!]

Derrière mon propre visage, le ciel infini se reflète dans l’eau, et la contemplation de cette dernière image s’impose avec force et sérénité.
Je quitte avec regret ce jardin de lecture, évoquant plus qu’il n’illustre, un festival de couleurs et d’impressions physiques, induites par le poème d’Arthur Rimbaud.




Au détour des jardins, des pots, vides de fleurs, abandonnés.... mais si poétiques



Jardin 9: A chacun ses couleurs

des murs, des allées sont intégrés à 4 jardins qui font référence aux conditions climatiques variées.
Le jardin jaune, le jardin pourpre,

le jardin bleu évoque le climat sec
 


le jardin vert met en scène des plantes adaptées à un climat plus humide


Ce jardin exprime la diversité de perception de la couleur par chacun.

Jardin 10: Beauty Garden

clin d'oeil à Delphine Seyrig dans "Peau d'âne" avec ces 3 miroirs environnés de différentes couleurs.



Ce jardin est une invitation à se contempler et à se trouver.

Jardin 11:
Apesanteur et matière


Stephen W. Hawkin définit le trou noir comme « une région de l’espace-temps d’où il n’est pas possible de s’échapper pour atteindre un observateur éloigné. Sa frontière s’appelle l’horizon et coïncide avec la trajectoire des rayons lumineux qui n’ont pu s’échapper ».
Si c’est un paysage en trou noir d’où rien ne pourrait s’échapper, ici, malgré tout, le trou noir éclate en multiples perspectives et fuit. L’espace s’échappe, et renvoie à chaque fois vers soi et au-delà.

    Dans le trou noir, le passage de l’horizon est l’aspiration à la libération de la matière.
    Libération dans la matière.
    Dématérialisation.
    Immatérialité.
    Mais densité maximum.
    Apesanteur/pesanteur.
    Lorsque l’espace fuit, le temps file et l’esprit est libéré.
    Dans le trou noir seul l’esprit s’échappe.


Défi ultime du jardin, puisque qu’aucune plante n’est jamais totalement ni vraiment noire. Et pourtant, le noir peut être lumière, comme le dit Soulages, et Matisse a toujours affirmé que « le noir est une couleur ». 
Ce jardin-installation est un simulateur d’espace qui attire le visiteur dans une virtualité physique, il est simple. Qu’il pleuve, qu’il fasse gris ou beau, la pluie, les nuages comme le soleil, en se mirant dans les glaces et la pièce d’eau, vont renforcer les effets et les rendre dynamiques. Une limite de glaces noires métallisées, sans être tout à fait miroir redessine les limites du jardin en ovale. L’absence d’angles, les glaces non verticales, inclinées de manière non régulières, posées sur chevalet à l’arrière, reflètent et démultiplient, tout en les absorbant dans le noir, les réflexions avec distorsion. Un sol noir, fait de fins copeaux de pneus, absorbant sous les pieds, recouvre la surface doucement travaillée et creusée jusqu’à une partie centrale végétale plantée d’ophiopogons noirs. La limite des glaces fait chicane à l’entrée pour immerger le visiteur dans ce kaléidoscope noir.


Jardin 15: Ocre Loire

Ce jardin a pour point de départ la Loire. C'est un fragment du fleuve, une redécouverte du paysage, de ses matériaux, de ses lumières.



Jardin 17: Lessive en fleurs

une multitude de vêtements colorés se balance au rythme du vent au dessus des plantes colorées


Véritable invitation à la légèreté et au plaisir simple de la contemplation.

Jardin 20: étang donné


Fragilité des plants simples, reflets tendres, ce jardin ressemble à un tableau impressionniste



Jardin 25: Voir rouge

Butte plantée de rouge, galets laqués, monochromie de rouge. Ce jardin interroge, interpelle, inquiète tel un danger, un signal.



Par delà ces jardins élaborés et conçus par l'homme, la nature elle-même a voulu jouer la couleur et la différence, tout simplement


Une exposition de Luzia Simmons complète cette visite. Elle nous propose grâce à une série de scannogramme grand format de tulipes un voyage dans la couleur.


Elle ne scanne pas de reproductions de tulipes mais bel et bien les fleurs elles-mêmes.


Cette image d'une précision macroscopique réfléchit la frontière entre image et réalité à la manière d'un épiderme sensible.


Balade très agréable au milieu de ces jardins où l'esprit aime à vagabonder, à se laisser porter, l'homme s'efforçant de maîtriser la couleur pour faire naître des harmonies, des contrastes ou des équilibres.




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Published by fred37 - dans Art
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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 23:10

Non je n'ai pas eu besoin du téléscope Hubble, non il ne s'agit pas de NGC 7293 ou nébuleuse de l'Hélice ...... et non il s'agit juste d'une photo de la lune prise au mois d'Août sur la plage du Porigo à Quiberon. Est-ce réellement l'oeil de Dieu nous observant en écartant un pan de nuage comme dans un judas ..... le comble !!!!
Enfin quoiqu'il en soit nous sommes tous surveillés , n'est-ce pas Big Brother ?

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Published by fred37 - dans Divagations
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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 17:37



Er-Lannic

Er-Lannic veut dire "petite lande" en breton, c'est une île située à l'entrée du golfe du Morbihan. Elle fait face à l'île de Gavrinis au nord-est et le sud-est est tourné vers Arzon sur la presqu'île de Rhuys.
Cette île acceuille un monument mégalithique curieux, une double enceinte de grandes pierres ou double Cromlec'h, qui vient se prolonger au 3/4 en dessous du niveau marin. Ceci met en évidence la montée des eaux post-glaciaire, en effet à l'époque de la construction du monument, vers environ 3500 ans avant J.C Er-Lannic n'était pas une île et le golfe du Morbihan n'était que basses terres traversées par des chenaux (rivière de Vannes et d'Auray)


Er-Lannic est formée de 2 enceintes mégalithiques largement ouvertes, en forme de fer à cheval.
La première enceinte bien visible sur le flanc sud de l'île a 53 mètres d'ouverture et 55 mètres de profondeur, elle est composée de 60 menhirs. La seconde enceinte, submergée, est une vaste demi-ellipse de 61 mètres d'ouverture et 41 mètres de creux ; elle comporte 34 blocs visibles, tous couchés au fond de l'eau. A la jonction des 2 enceintes, une douzaine de blocs renversés forme une concentration assez confuse. Ces deux cromlec'h ont vraissemblablement une différence chronologique dans leur construction.


Une multitude de coffres, de foyers, de poteries, de vases à socle, de haches de silex ont été trouvés dans ces enceintes faisant penser à des lieux d'inhumation mais aussi peut-être à des ateliers ou à des lieux culturels.



Gavrinis


L'île de Gavrinis se situe, elle aussi, à l'entrée du golfe du Morbihan. Sur cette île, à l'extrémité sud, a été érigé un Cairn, c'est un dolmen recouvert d'une masse de pierres. C'est un exemple caractéristique de l'architecture néolithique réalisée en maçonnerie sèche ; des murs de parement structurent la masse de pierres, disposées en écaille, de part et d'autre du dolmen intérieur, dessinant une construction à larges gradins réguliers.
Ce grand Cairn est remarquable par ses dimensions : plus de 50 mètres de diamètre et 6 mètres de haut, et par le soin apporté à ses réalisations. La date de la construction est incertaine, environ 3500 avant J.C. Les structures de bois qui se dressaient devant la façade furent incendiées et immédiatement recouvertes d'une masse de pierres qui condamna l'entrée. Une chape de sable fut même ajoutée pour transformer  ce cairn en monument aveugle.
C'est grâce à cela et à la montée des eaux qui isolèrent Gavrinis en une île que ce cairn nous est parvenu dans un état exceptionnel de conservation.




Le cairn recouvre un grand dolmen : un couloir de 14 mètres de long se termine par une chambre simple presque carrée de 2,50 mètres de côté. Cette chambre est située approximativement au centre du Cairn.


Le dolmen est constitué par l'assemblage d'une cinquantaine de dalles brutes soigneusement juxtaposées. La plus importante couvre la chambre, elle pèse près de 17 tonnes et provient d'un morceau d'un grand menhir brisé ayant servi aussi de couverture à l"a Table des Marchands" à Locmariaquer, distant de 4 km... à vol d'oiseau !

Probablement destiné au culte des morts, le dolmen a une forme classique de "dolmen à couloir simple", très répandue en Bretagne entre 4500 et 3000 avant J.C.



La célébrité de Gavrinis tient surtout à la somptueuse décoration intérieure. Le décor, exécuté avec des petits galets de quartz retrouvés pendant les fouilles, est profondémment piqueté sur les dalles dégrossies.
L'unité de conception, toutes les dalles sont gravées, l'équilibre de la composition et la qualité de l'exécution sont exceptionnels.

Les sculptures de Gavrinis demeurent encore mystérieuses. Dans le foisonnement de lignes, on reconnait des symboles habituels de l'art mégalithique :

Les "écussons" que l'on identifie à des figures humaines très schématiques,


mais aussi des signes en "U" assimilés à des cornes de bovins


des crosses, vraissemblablement symboles de pouvoir,


des armes telles que des arcs et leurs flèches,


ou encore des représentations de haches,


on trouve aussi d'autres motifs dont la symbolique nous est moins connue comme des zig-zag, des chevrons ou des serpents.


Ces figures élémentaires s'artculent entre elles et  leurs contours démultipliés composent une véritable oeuvre d'art.


Au XIXème siècle on croyait que ces pierres étaient l'oeuvre de Celtes, mais l'archéologie moderne a démontré qu'elles ont été construites et gravées par les peuples du Néolithique, ici 3500 avant J.C. Agriculteurs, ils pratiquaient l'élevage d'animaux, fabriquaient de la céramique et des outils de pierre dure polie.


Ces hommes vivaient en communautés, déjà bien organisées, permettant de grandes réalisations collectives. Tumulus, cairns, dolmens et menhirs sont les témoins de l'art de l'architecture de ces très anciennes civilisations dont Gavrinis est une des plus belles réalisations.



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Published by fred37 - dans Voyage
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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 12:30





Jusqu'au 23 Juin 2009 a eu lieu au Musée des Beaux Arts de Tours une exposition sur Mantegna. Chef d'oeuvre universellement admiré "la Crucifixion" a rejoint pour 3 mois les autres joyaux du Musée de Tours "la Prière au Jardin des Oliviers" et la "Résurrection", ainsi est reconstituée la Prédelle c'est à dire le bas du Rétable de l'abbaye de San Zeno de Vérone. Tours possède les 2 éléments de cette Prédelle depuis 1806, le troisième élément étant au Louvre. C'est la première fois depuis 1930 que le Louvre accorde le prêt de "la Crucifixion" pour permettre de rassembler la Prédelle dans sa totalité.




Le Triptyque de San Zeno

Il fut commandé en 1456 au jeune Mantegna âgé de 25 ans par l'un des intellectuels les plus remarquables de la Vénétie, l'abbé Gregorio Correr pour le maître-autel de l'abbaye bénédictine de San Zeno à Vérone. Le rétable composé de 6 panneaux (3 pour la partie supérieure et 3 pour la Prédelle) fut démantelée lors de la campagne d'Italie de Bonaparte en Mai 1797, ils furent exposés en 1798 dans le futur musée du Louvre.
En 1803; pour compenser les saisies faites au château de Richelieu, surtout celles des tableaux de Mantegna provenant du Studiolo d'Isabelle d'Este à Mantoue, Vivant Denon accorde au musée de Tours les 2 parties latérales de la Prédelle.


Andrea Mantegna

né en 1431 à Isola di Carturo près de Vicence, il entre en 1441 dans l'atelier de Fransesco Squarcione à Padoue. Il reçoit ses premières commandes après l'avoir quitté en 1447.
De 1448 à 1457 il peint les fresques de la chapelle Ovetari dans l'église des Eremitani de Padoue.
1456 à 1459 il réalise le triptyque de San Zeno
1460, il s'installe à Mantoue pour se mettre au service des Gonzagues, il y exécute la plupart de ses oeuvres comme "lachambre des époux", "le triomphe de César" ou "la Vierge de la Victoire".
1497 - 1502, il peint 2 toiles "le Parnasse" et "la Minerve" pour le Studiolo d'Isabelle d'Este qui rentreront dans la collection du Cardinal de Richelieu en 1632.
1506, Mantegna meurt à Mantoue.




L'exposition, apport scientifique

Les trois tableaux de la Prédelle ont été étudiés, radiograhiés, révélant par exemple le changement de support du "jardin des Oliviers". Toute la première salle de l'exposition a été réservée aux recherches qui ont été menées par le laboratoire du musée du Louvre et plus particulièrement à la réflectographie. Ce sont des images infrarouges qui permettent de révéler le dessin sous-jacent réalisé par Mantegna avant la peinture. On peut remarquer que les dessins initiaux ont été finalement peu retouchés avant la mise en peinture.




 Le détail chez Mantegna

Maîtrise et précision du dessin, bien sûr, mais le plus époustouflant chez Mantegna ce sont les détails de ses oeuvres. On peut par exemple voir précisément les dés des soldats



ou encore la précision de leurs costumes




mais aussi des visages expressifs jusqu'à la caricature






Le motif aussi est très important chez Mantegna, on peut admirer la précision des ruches et des abeilles essaimant, rehaussées d'or...



La nature est essentiellement un décor mais qui participe en tant que tel à l'histoire du tableau, animée jusque dans les moindres infractuosités par les signes du temps et de la vie. Comme les minuscules lapins bondissants




On perçoit le bruissement de l'eau et on ressent la fraîcheur de sa transparence...



Des tableaux dans les tableaux on entend les sons et les silences



Toutes ces scènes micrographiques baignées de lumière rappelle l'exactitude mimétique des peintres flamands.
Le détail ne saute pas aux yeux mais se voit si on le cherche, on doit donc y passer du temps et contempler c'est partager le sensible.

la Prédelle

Chaque tableau est à lui seul un chef d'oeuvre pictural, mais l'intérêt est bien la confrontation des 3 tableaux dans leur ensemble car là aussi Mantegna nous montre tout son génie.



Mantegna dans ses 3 tableaux nous raconte une histoire, celle de Jésus, un peu comme une B.D. Il nous promène dans le temps, les lieux et l'histoire.
En effet ses 3 oeuvres se déroulent à l'aube mais cette aube progresse et s'avance avec l'emploi de plus en plus marqué du lapis lazuli. Le temps défile alors devant nos yeux dans sa progression inéluctable.




De même notre regard se déplace dans le paysage car Jérusalem y est représentée sous différents angles. La géographie des lieux est respectée, la progression et le déplacement sont évidents.




L'histoire, elle même avance car chaque tableau comporte un élément qui annonce la suite : dans "le Jardin des Oliviers" on voit à gauche arriver Judas avec une troupe en arme.



Dans "la Crucifixion" la coix du Christ, pourtant en recul par rapport aux larrons, nous apparaît au premier plan. Le larron de droite, repenti, est en pleine lumière alors que le larron de gauche reste dans le sombre, comme son âme. Marie, éplorée, est soutenue et emmenée, alors que dans le lointain les personnages en arme repartent déjà vers le tombeau.

 

Dans "la Résurrection", alors que les hommes d'arme gardent le tombeau;on devine à droite Marie arrivant à son tour au tombeau.



L'histoire est en marche, tout est mouvement dans ces oeuvres. Toutes les difficultés picturales sont résolues.

Tous les grands ont défilé devant ces oeuvres, ils ont admiré, scruté, imité...Poussin, Cézanne, Ingres, Matisse, tous ont été influencés. Mantegna a inspiré aussi bien lesécrivains et les artistes. Il suffit de penser à Degas qui s'est essayé à la copie de "la Résurrection" et dont le tableau est aussi au Musée des Beaux Arts de Tours, ou bien encore à Marcel Proust qui ne cesse de citer Mantegna dans son livre "à la recherche du temps perdu" et en particulier le rétable de San Zeno.
Quant à Mantegna il reste un magicien depuis plus de 5 siècles.




 

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Published by fred37 - dans Art exposition
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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 12:04
Le Carré, figure géométrique régulière formé de 4 côtés égaux et de 4 angles, qui délimite une zone géométrique restreinte qui pourrait être celle d'un bureau ou celle d'une chambre.

Le Carré, puissance au carré, la duplication d'un élément par lui-même .

Le Carré, ado qui a passé l' année dans la zone restreinte de sa chambre ou de son bureau à bosser comme un fou son concours de première année de médecine et qui a obtenu le droit de la refaire une deuxième fois.....

Carrément déçu de ne pas être P2
Carrément content d'être carré
Carrément motivé
Carrément prêt








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Published by fred37 - dans humour
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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 20:48

Les fleurs ont toujours inspirés par leur beauté et leur fragilité les écrivains . Voici des citations qui m'ont plu et que j'ai agrémentées de photos de fleurs de mon jardin .



Pensée : Fleur à cinq pétales qui pousse parfois dans la tête des Hommes

              [Anonyme]






Dans le subconscient des anciens, où naquirent tous les mythes, on ne pouvait croire que la plante et les fleurs ne fussent autre chose que l'apparence que les dieux voulaient bien nous en montrer.

            [Jean de la Bosschère]






Si vous parvenez à respecter les fleurs et les arbres,

vous finirez par aimer la terre qui les porte,

la lumière que les baigne,

l'eau qui les nourrit;

vous aimerez le site entier qui les encadre;

en un mot, vous aimerez le coin du sol où vous êtes né;

vous aimerez votre pays.

           Emile Verhaeren (1855-1916)





Le jardin était grand, profond, mystérieux.

Fermé par de hauts murs, aux regards curieux,

semé de fleurs s'ouvrant ainsi que des paupières,

et d'insectes vermeils qui couraient sur les pierres.

Au milieu presque un champ, dans le fond, presque un bois.

                     Victor Hugo (1802-1885)

 

 



Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir .
               Henri Matisse





“Si quelqu'un aime une fleur qui n'existe qu'à un exemplaire dans les millions et les millions d'étoiles, ça suffit pour qu'il soit heureux quand il les regarde. Il se dit: «Ma fleur est là quelque part...».”

           Antoine de Saint-Exupéry - Le Petit Prince (1943)






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Published by fred37 - dans poésie
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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 19:28

 

 

 

 

 

Paul Marie Verlaine , surnommé « le Prince des Poètes », est un poète français, né à Metz le 30 Mars 1844 et mort à Paris le 8 Janvier 1896 

 

 

 

Paul Verlaine est avant tout le poète des clairs-obscurs. L'emploi de rythmes impairs, d'assonances, de paysages en demi-teintes le confirment, rapprochant même, par exemple, l'univers des Romances sans paroles des plus belles réussites impressionnistes . C'est lui qui a lancé la notion de « poètes maudits ».


Voici mes poèmes préférés de Paul Verlaine .

D'abord Mon rêve familier qui est l'occasion pour Verlaine d'évoquer la dure condition de poète meurtri par son hyper sensibilité et de parler de lui même. Verlaine s'est caché derrière la femme qui lui apparaît dans son " rêve familier " pour nous concentrer sur son sort et nous faire connaître son drame intérieur . Ici Le poète tient à ce que le lecteur soit logé à la même enseigne que lui, qu'il devienne son complice sur la piste de " l'inconnue ". Mais le poète propose des repères qui n'en sont pas, et il convient pour conduire l'enquête de s'investir dans le rêve qu'il donne à partager. Verlaine nous berce avec un rythme lancinant et répétitif pour mieux nous endormir.


Mon rêve familier

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

 

Puis, poème touchant, pathétique, écoutez la chanson bien douce traduit le nouvel idéal chrétien du poète après son internement. Sa chanson nous émeut, son repentir parait sincère. Toutefois nul n'est assez naïf, ni même lui-même, pour croire que sa nouvelle morale qu'il qualifie de claire en fin de poème durera bien longtemps . Espoir et tristesse, candeur et habileté, appel pathétique et confidence murmurée, tels sont les succès de l'intimité Verlainienne. C'est par les inflexions de la voix que Verlaine argumente. La voix qui chante l'amour et qui fut chère à Mathilde sanglote désormais ou plutôt frissonne, palpite. Elle s'est obscurcie, voilée mais garde des tonalités de grandeur. Si on reconnaît cette voix, elle parle de bonheur dans la simplicité, dans la bonté.
 






Ecoutez la chanson bien douce

Ecoutez la chanson bien douce
Qui ne pleure que pour vous plaire,
Elle est discrète, elle est légère :
Un frisson d'eau sur de la mousse !

La voix vous fut connue (et chère ?)
Mais à présent elle est voilée
Comme une veuve désolée,
Pourtant comme elle encore fière,

Et dans les longs plis de son voile,
Qui palpite aux brises d'automne.
Cache et montre au coeur qui s'étonne
La vérité comme une étoile.

Elle dit, la voix reconnue,
Que la bonté c'est notre vie,
Que de la haine et de l'envie
Rien ne reste, la mort venue.

Elle parle aussi de la gloire
D'être simple sans plus attendre,
Et de noces d'or et du tendre
Bonheur d'une paix sans victoire.

Accueillez la voix qui persiste
Dans son naïf épithalame.
Allez, rien n'est meilleur à l'âme
Que de faire une âme moins triste !


Elle est en peine et de passage,
L'âme qui souffre sans colère,
Et comme sa morale est claire !...
Ecoutez la chanson bien sage.






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Published by fred37 - dans poésie
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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 19:20
Très forte, tu l'as toujours été. A 42 ans, tu t'es battue pour l'ouverture d'un centre d'éveil de traumatisés crâniens, le centre Talpaert à Roubaix, mais aussi pour ta vie.

Si tu as gagné le combat mené sur le pl
an profess
ionnel, la maladie a été la plus forte.






Toi qui aimait les arts, la musique et la voile, ce p
oème a été lu pour toi



Le voilier.
  
 

Je suis debout au bord de la plage.
Un voilier passe dans la brise du matin et part vers l'océan.
Il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.
Quelqu'un à mon coté dit : "Il est parti ! "
Parti ? Vers où ?
Parti de mon regard, c'est tout !
Son mât est toujours aussi haut,

sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue est en moi, pas en lui.
Et juste au moment où quelqu'un près de moi dit : "Il est parti ! "
Il y en d'autres qui, le voyant poindre à l'horizon et venir vers eux,
s'exclament avec joie : "Le voilà ! "
C'est ça la mort.

William Blake
.




Mais à ce poème il manque deux vers que voici :

Il n'y a pas de morts.
Il y a des vivants sur les deux rives.


Voilà, vivante, tu le seras toujours dans nos coeurs, tout comme cet autre poème qui t'a été dédié :



DES ETOILES QUI SAVENT  RIRE

 

 

        «  Les gens ont des étoiles qui ne sont pas les mêmes.

        Pour les uns, qui voyagent, les étoiles sont des guides,

        pour d’autres, elles ne sont rien que de petites lumières.


 

        Pour d’autres qui sont savants, elles sont des problèmes…

        Mais toutes ces étoiles-là se taisent.

 

        Toi, tu auras des étoiles comme personne n’en a…

        Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j’habiterai dans l’une d’elles,

        puisque je rirai dans l’une d’elles,

        Alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles.

        Toi, tu auras des étoiles qui savent rire ! »

 

                                                        Antoine de Saint-Exupéry



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Published by fred37 - dans Hommage
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