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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 12:03



Pour cette année 2009, Chaumont sur Loire a choisi pour son festival le thème "Jardins de Couleurs".
Qu'elle soit abordée selon des considérations philosophiques, religieuses, symboliques ou scientifiques, éclatante ou subtile, la couleur constistue un élément incontournable de nos jardins et de notre vie.

Je vous propose une visite de ces "Jardins de Couleurs", cette balade n'est pas exhaustive mais se fait au gré des tableaux, des nuances et de la poésie qui m'ont le plus touchée.


Jardin 4: la Couleur des éléments

Promenade extérieure, longeant un jardin très graphique jouant sur l'intensité du rouge des végétaux, contrastant avec leurs contenants blancs et le mouvement de l'eau glissant le long des murets de pierres sèches.




Jardin 8:
Voyelles

Inspiré du célèbre poème d’Arthur Rimbaud « Voyelles », ce  jardin entraîne le visiteur dans une atmosphère onirique où métaphores et réminiscences de vers ponctuent la promenade et ressuscitent les couleurs et les mots qu’elles charrient.
Mots en suspens, significations cachées, couleurs subtiles, floraisons vaporeuses contribuent au charme et au mystère de ce jardin littéraire et intemporel.

[A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu: voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes:...]


[...A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,
Golfes d’ombre;...]


[...E, candeur des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles; ...]


[...I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes; ...]

Et si le jardin qui m’entoure n’était qu’un prétexte à la lecture poétique ?
Il met en scène des vers, il les transpose en atmosphères, en images, en odeurs.
Tout comme, dans un poème, les mots se font écho, certains termes reviennent, suspendus et flottants, au-dessus de ma tête, réminiscences éloignées des vers précédents.

[...U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux; ...]


Je me penche par curiosité et je découvre, gravé sur un miroir au fond de l’eau :

[...O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges:
- O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux!]

Derrière mon propre visage, le ciel infini se reflète dans l’eau, et la contemplation de cette dernière image s’impose avec force et sérénité.
Je quitte avec regret ce jardin de lecture, évoquant plus qu’il n’illustre, un festival de couleurs et d’impressions physiques, induites par le poème d’Arthur Rimbaud.




Au détour des jardins, des pots, vides de fleurs, abandonnés.... mais si poétiques



Jardin 9: A chacun ses couleurs

des murs, des allées sont intégrés à 4 jardins qui font référence aux conditions climatiques variées.
Le jardin jaune, le jardin pourpre,

le jardin bleu évoque le climat sec
 


le jardin vert met en scène des plantes adaptées à un climat plus humide


Ce jardin exprime la diversité de perception de la couleur par chacun.

Jardin 10: Beauty Garden

clin d'oeil à Delphine Seyrig dans "Peau d'âne" avec ces 3 miroirs environnés de différentes couleurs.



Ce jardin est une invitation à se contempler et à se trouver.

Jardin 11:
Apesanteur et matière


Stephen W. Hawkin définit le trou noir comme « une région de l’espace-temps d’où il n’est pas possible de s’échapper pour atteindre un observateur éloigné. Sa frontière s’appelle l’horizon et coïncide avec la trajectoire des rayons lumineux qui n’ont pu s’échapper ».
Si c’est un paysage en trou noir d’où rien ne pourrait s’échapper, ici, malgré tout, le trou noir éclate en multiples perspectives et fuit. L’espace s’échappe, et renvoie à chaque fois vers soi et au-delà.

    Dans le trou noir, le passage de l’horizon est l’aspiration à la libération de la matière.
    Libération dans la matière.
    Dématérialisation.
    Immatérialité.
    Mais densité maximum.
    Apesanteur/pesanteur.
    Lorsque l’espace fuit, le temps file et l’esprit est libéré.
    Dans le trou noir seul l’esprit s’échappe.


Défi ultime du jardin, puisque qu’aucune plante n’est jamais totalement ni vraiment noire. Et pourtant, le noir peut être lumière, comme le dit Soulages, et Matisse a toujours affirmé que « le noir est une couleur ». 
Ce jardin-installation est un simulateur d’espace qui attire le visiteur dans une virtualité physique, il est simple. Qu’il pleuve, qu’il fasse gris ou beau, la pluie, les nuages comme le soleil, en se mirant dans les glaces et la pièce d’eau, vont renforcer les effets et les rendre dynamiques. Une limite de glaces noires métallisées, sans être tout à fait miroir redessine les limites du jardin en ovale. L’absence d’angles, les glaces non verticales, inclinées de manière non régulières, posées sur chevalet à l’arrière, reflètent et démultiplient, tout en les absorbant dans le noir, les réflexions avec distorsion. Un sol noir, fait de fins copeaux de pneus, absorbant sous les pieds, recouvre la surface doucement travaillée et creusée jusqu’à une partie centrale végétale plantée d’ophiopogons noirs. La limite des glaces fait chicane à l’entrée pour immerger le visiteur dans ce kaléidoscope noir.


Jardin 15: Ocre Loire

Ce jardin a pour point de départ la Loire. C'est un fragment du fleuve, une redécouverte du paysage, de ses matériaux, de ses lumières.



Jardin 17: Lessive en fleurs

une multitude de vêtements colorés se balance au rythme du vent au dessus des plantes colorées


Véritable invitation à la légèreté et au plaisir simple de la contemplation.

Jardin 20: étang donné


Fragilité des plants simples, reflets tendres, ce jardin ressemble à un tableau impressionniste



Jardin 25: Voir rouge

Butte plantée de rouge, galets laqués, monochromie de rouge. Ce jardin interroge, interpelle, inquiète tel un danger, un signal.



Par delà ces jardins élaborés et conçus par l'homme, la nature elle-même a voulu jouer la couleur et la différence, tout simplement


Une exposition de Luzia Simmons complète cette visite. Elle nous propose grâce à une série de scannogramme grand format de tulipes un voyage dans la couleur.


Elle ne scanne pas de reproductions de tulipes mais bel et bien les fleurs elles-mêmes.


Cette image d'une précision macroscopique réfléchit la frontière entre image et réalité à la manière d'un épiderme sensible.


Balade très agréable au milieu de ces jardins où l'esprit aime à vagabonder, à se laisser porter, l'homme s'efforçant de maîtriser la couleur pour faire naître des harmonies, des contrastes ou des équilibres.




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Published by fred37 - dans Art
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commentaires

Elmer 20/02/2010 15:08


Encore un article que j'ai pris plaisir à parcourir. Merci.


anne marie 17/01/2010 15:47


votre article sur les jardins de Chaumont est très intéressant et les photos très belles. Votre blog est très bien fait...Je poursuis sa lecture


fred37 17/01/2010 20:11


merci à vous et j'espère que les articles suivants vous interesseront autant.


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